LIVRE SIXIÈME. — DE BETHLÉEM A NAZARETH
atteindre au loin dans leur course. Les météores sans nombre qui brillaient à travers l'espace étaient guidés par lui. Il présidait à la formation de mondes invisibles à notre planète, ou d'autres mondes qui, vus de Nazaretb, apparaissaient à peine comme autant de points imperceptibles- d'une manière vacillante, mondes qui, un jour peut-être, seraient la demeure de créatures raisonnables ; et pas un de leurs détails les plus minutieux n'échappait à sa vigilance. Son influence se faisait sentir en vibrations incessantes à travers les vastes royaumes de l'espace, pendant qu'il reposait caché dans son obscure résidence terrestre dans le sein de Marie. Dans cette même retraite, le Verbe éternel, semblable à un océan qui laisse écouler ses eaux par un large canal, laissait sortir de sa divinité de puissantes émanations de gloire qui allaient réjouir l'empire immense des Anges. Il distribuait, avec la plus scrupuleuse exactitude, à tous les habitants de la terre la santé et la maladie, la joie et la douleur, les sources de la pensée et les forces de l'action. Et les hommes ne savaient guère que le centre et la cause de leur vie se trouvait dans le sein d'une jeune vierge juive
inconnue
{Bethléem, I, pp. 123-124.)