‹ Esprit du p. FaberChapitre 127 sur 435 · LE SOIR DU 24 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LE SOIR DU 24 DÉCEMBRE

Le soleil se couche sur le vingt-quatre décembre derrière les toits abaissés de Bethléem, et ses derniers rayons viennent dorer le sommet des rochers escarpés qui l'environnent. Les étoiles se montrent une à une. Les Anges ont quitté le ciel, mais ils ne manifestent pas encore l'éclat de leur présence parmi les astres. Des hommes grossiers coudoient Dieu rude-

ment dans les rues de ce village oriental, et ils ferment leurs portes à la face de sa Mère. Le temps lui-même, comme doué de sentiment, semble trembler et se presser, comme si la main de l'Ange qui le conduit le secouait à mesure qu'il approchait de l'heure de minuit. Bethléem est en cet instant le centre véritable de la création de Dieu. Cependant les minutes s'écoulent. Le manteau de la nuit devient plus sombre et plus obscur. Comme le dôme des cieux apparaît pourpre au-dessus de ces collines fréquentées par les bergers et où les troupeaux apparaissent ça et là, se reposant dans l'ombre ! Comme les étoiles s'avancent silencieusement vers le sommet méridional du ciel de minuit ! Encore quelques instants, et le Verbe

éternel apparaîtra.

(Bethléem, I. p, 157.)

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