‹ Esprit du p. FaberChapitre 13 sur 435 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

une sur cet entendement agité ; elles tombèrent, graves et délicieuses. Du reste, il était impossible de mieux saisir le point délicat que ne le fit le Pape. 11 lut, au fond de l'âme de Faber, la dernière objection que cette pauvre âme toute effarée faisait encore à la Vérité victorieuse. Sans doute il se disait tout bas qu'un grand mouvement allait éclater au sein de l'Église établie d'Angleterre, et que ce mouvement aboutirait nécessairement à une réconciliation avec l'Église catholique. Il ajoutait intérieurement qu'il se mettrait volontiers à la tête ou à la suite d'un tel mouvement, et qu'il n'avait qu'à attendre. De la sorte, pensait-il, je ne blesserai aucun de mes amis, et, sans rupture, sans crise, je serai trè"doucement jeté dans les bras de la Vérité. Et Grégoire XVI lui répondit : « Il ne « faut pas attendre que votre Église se mette en mouve- « ment. Pensez d'abord personnellement au salut de votre « âme. » L'anglican se jeta alors aux pieds du suppléant de Jésus-Christ et reçut sa bénédiction. Et Grégoire XVI s'écria à deux reprises : « Angleterre! Angleterre! » et fondit en larmes. C'était le 17 juin 1843, et ce fut peutêtre la date la plus mémorable de toute la vie du P. Faber. Tant d'émotions cependant l'avaient brisé. « II souffrait de ses hésitations, il en souffrait à perdre la tête, et devait garder toute sa vie la trace de ces souffrances. » Ainsi parle son biographe, et nous assisterons désormais aux perturbations d'une santé que 1 ameausée pour toujours. Qui pourrait peindre ces nuits d'insomnie, et tant de rudes combats qui déchiraient ce cœur? Il se reportait aux souvenirs de son enfance ; il songeait à ses parents, à ses amis que sa conversion allait jeter dans la tristesse. Puis, la Vérité se présentait de nouveau à son regard, et

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