INTRODUCTION. XV
le sollicitait doucement. « Deux fois, écrit-il, j'ai pris mon chapeau pour me rendre au collège Anglais et abjurer. » Le temps s'écoulait, et l'heure du départ arriva. Frédéric- William quitta Rome, catholique de cœur, et arriva, en octobre 1843. dans son rectorat d'Elton.
L'essai qu'allait tenter le jeune recteur pouvait certes passer (pour un essai loyal. Il voulait, sur une tige protestante, greffer toutes les idées catholiques. D'ailleurs il ne s'en cachait pas, et prétendait fort ouvertement gouverner sa paroisse « selon l'esprit de saint Alphonse et de saint Philippe. » Le cas était des plus rares, et l'épreuve n'avait pas encore été tentée en de telles conditions. Néanmoins les temps étaient durs, et, en cette même année 1843, le docteur Pusey avait été suspendu pour avoir soutenu le dogme catholique de l'Eucharistie. Puis, la paroisse d'Elton était en un état de dissolution morale qui était bien fait pour effrayer les plus hardis courages. Frédéric-William ne recula pas devant ces obstacles et ces périls, et commença par distribuer à tous ses paroissiens une « Histoire du Sacré-Cœur » et plusieurs opuscules sur l'Examen de conscience. C'était plus que courageux : c'était téméraire, et tous les modérés du monde condamneraient un tel début. Je crois les entendre et les voir.
Le nouveau recteur ne s'en tint pas là : il donna à ses offices du dimanche une solennité éclatante et que le pharisaïsme anglican dut trouver scandaleuse. Il forma un