XVI INTRODUCTION
chœur et lui fit répéter le chant... des Litanies. Décidément c'était un défi. Il y avait alors à Elton une chapelle méthodiste où les mécontents protestaient contre ces innovations papistes; mais le nombre des mécontents diminuait tous les jours, et la chapelle se dépeuplait. Faber avait toujours ce charme dont parlaient ses camarades du collège d'Harrow, et il exerçait cette fascination sur tout ce qui l'entourait. Sa voix, son éloquence, son beau feu pour la vérité, tout était entraînant. Cette petite paroisse de mille âmes n'était pas de taille à résister à ce nouveau pasteur que Dieu lui envoyait, et qui était certainement l'un des hommes les plus éminents de son siècle. Les jeunes gens surtout se passionnèrent pour leur recteur. Ils vinrent, à la catholique, se confesser à lui et reçurent souvent la communion de sa main. Ce petit coin de terre protestante vil alors un admirable spectacle. Dans un noble accès de ferveur et qui ne fut pas toujours sans quelque exagération, ces puseïstes qui, comme on l'a dit depuis, étaient presque en train de devenir ultracatholiques, se réunirent en une sorte de petite communauté pour s'administrer réciproquement la discipline. Et ils n'y allaient pas de main morte. Ils célébraient ensemble, pendant trois ou quatre heures, les veillées des grands saints. Tout cela n'était rien auprès des jeûnes dont ils s'imposaient la rigueur, et le biographe du P. Faber remarque avec esprit combien il est nécessaire d'avoir l'Église pour guide en ses mortifications et pénitences. Faute de cette sage et aimante direction, on tombe en d'étranges excès, et nombre de puseïstes, dit le P. Bowden, se sont ruiné la santé en voulant imiter à la fois tous les pères du désert. De là, des découragements qui aboutissent parfois à des