INTRODUCTION. XVII
apostasies. C'est ici qu'il faut se rappeler la grande parole du Christ à saint François : Mets de l'ordre dans ton amour. Ordena questo amore.
A travers toutes ces austérités, sous la grosse corde de crin à nœuds qu'il portait sans cesse autour des reins, Faber ne perdait pas de vue le grand but qu'il s'était proposé : « Il me semble, écrit-il en 1844, que je suis chaque jour plus romain et que c'est du sein de l'Église romaine que je vous écris » Il s'était placé sous la direction de Newman, et Newman en était à passer, hélas ! par les mêmes perplexités, par les mêmes angoisses. On faisait vingt pas en avant ; puis, on était pris d'un beau scrupule, et l'on en faisait trois en arrière. C'est ainsi que Newman en vint certain jour à défendre à Faber de prier la Vierge, les saints et les anges. De tous les ordres de son directeur, il n'en est pas un seul qui parût plus dur au recteur d'Elton. Il se mit aux pieds de Newman pour le supplier de lever cette défense. « Marie ! Marie ! » c'était déjà son cri, et il parie naïvement de la douleur qu'il éprouve à ne point s'entretenir avec la Mère de Dieu. Néanmoins, et comme il était déjà fait à l'obéissance, il obéit. Il ne s'en rejeta qu'avec plus d'ardeur dans l'étude de la Vie des saints. Ne pouvant les prier, il les raconta. Il croyait, d'ailleurs, que c'était le meilleur moyen pour battre en brèche les derniers boulevards de l'anglicanisme. Il voulait les détruire à coups de surnaturel, à coups de miracle, et c'est dans ce sentiment, c'est d'après cette méthode qu'il écrivit la Vie de saint Wilfrid. Ce petit livre, écrit par un protestant, était plus catholique que les neuf dixièmes de nos Vies de saints. On peut deviner le scandale qu'elle excita. Ce fut un coup de foudre qui réveilla les