‹ Esprit du p. FaberChapitre 158 sur 435 · LIVRE HUITIÈME. — L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. — L'EUCHARISTIE

Sacrements à ceux qui ont été baptisés, et le pouvoir de remettre le péché mortel réitéré, ce que ne peut faire le baptême. L'Extrême-onction l'emporte sur la Pénitence, en ce que les grâces qu'elle procure sont plus abondantes. L'excellence de l'Ordre consiste en ce qu'il établit les hommes dans la condition sublime de serviteurs dans la maison de Jésus-Christ. La gloire propre du Mariage, c'est qu'il est la figure de l'union de Notre-Seigaeur avec l'Église. La prééminence du sacrement de l'Eucharistie réside, comme le dit saint Thomas, dans sa substance même. Ce sacrement est, pour ainsi dire, le sacrement de tous les autres : il est leur centre, leur fin, leur harmonie. Tous existent à cause de lui, et tous sont soumis à sa merveilleuse suprématie.

Les Sacrements ne sont pas seulement des signes de la grâce, mais ils en sont aussi la cause. Ils produisent la grâce en nous physiquement,par la toute-puissance de Dieu qui existe en eux comme une vertu et une énergie qui leur appartient en propre, car la toute-puissance de Dieu existe dans les Sacrements d'une manière si spéciale, que si, par impossible, Dieu n'était pas présent partout, il serait néanmoins présent dans les Sacrements. Les Sacrements produisent la grâce, physiquement, comme le sang de Notre-Seigneur, répandu il y a si longtemps, nous lave de nos péchés physiquement, et non pas seulement moralement ; et comme sa résurrection et son ascension sont la cause physique de notre propre résurrection et de notre propre ascension, par une vertu et une force que Dieu a spécialement mise en elles. Les Sacrements produisent aussi la grâce en nous moralement, en représentant à Dieu le Père les mérites de la Passion soufferte par Jésus-Christ : ils font ainsi à Dieu une sorte de violence sainte et irrésistible. Ils nous procurent par là des secours de grâce plus abondants, et en même temps tout à fait particuliers.

Mais lidée la plus claire que nous ayons des Sacrements est celle que nous trouvons dans Hugues du Saint- Victor et daus

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les anciens théologiens : « Les sacrements sont la représentation visible de la grâce invisible ; en eux le Précieux Sang a revêtu des formes visibles, »

De fait, la grâce des Sacrements, c'est la grâce physique qui a existé dans l'âme de Jésus, renouvelée, comme parle la théologie, c'est-à-dire répétée plusieurs fois en nous, et cela par le moyen du Précieux Sang. Beaucoup de théologiens ont soutenu que toute la grâce qui peut se trouver en chacun de nous a été d'abord physiquement et réellement renfermée clans l'âme de Jésus-Christ, de sorte que la grâce que nous avons est, de la manière la plus littérale et en même temps la plus digne d'exciter notre amour, un écoulement de l'abondance de celle qui a été en lui. Que cette sublime doctrine nous amène près de Notre-Seigneur !

Les Sacrements sont l'œuvre de Jésus-Christ : il les a Institués comme homme; et ainsi ils sont la continuation de ses trente-trois années sur la terre. Telle est l'idée la plus claire et la plus vraie de cette merveilleuse portion de la création.

Les Sacrements sont l'invention de Dieu lui-même. Aucune créature n'aurait pu les inventer. Je ne crois pas que, sans révélation, la plus sublime des intelligences angéliques aurait pu imaginer ce que nous appelons un Sacrement. Un Sacrement est une idée particulière de Dieu. Il nous représente une combinaison de ses plus merveilleuses perfections. Il porte en lui-même une notion de Dieu tout à l'ait caractéristique. Nous connaissons déjà Dieu comme n'ayant pas eu de commencemont. Nous le connaissons aussi comme le Dieu de la nature et de la grâce. Voilà pour nous deux révélations différentes de ce qu'il est. La connaissance que nous avons de lui comme" du Dieu qui a inventé les Sacrements en est encore une autre. Elle ajoute aux idées que nous possédions déjà sur lui beaucoup d'autres idées nouvelles. A certains égards, s'il n'y avait pas eu de Sacrements, nous aurions eu -de Dieu des pensées tout autres que celles que nous avons actuellement. Cela

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