INTRODUCTION. XIX
il ôta son surplis, le déposa silencieusement au pied de l'autel et s'enfuit, presque éperdu, dans sa petite maison.
Toute la paroisse d'Elton fut alors livrée à une émotion indescriptible. On se précipita vers cette chère maison qui avait abrité tant de dévouements, tant de joies véritablement catholiques, et d'où étaient sortis tant, de soupirs vers la Vérité. On supplia le. recteur de revenir sur sa décision ; on tomba à ses pieds. On n'avait pas de bons arguments à lui donner ; on ne pouvait guère que dOraisonner. Mais on l'aimait, et on le lui disait. Et il fallait tout le poids de la Vérité pour maintenir Faber en son dessein. Il n'y avait pas, en réalité, de meilleure résistance que la fuite, et il le comprit. 11 s'échappa durant la nuit; mais ses paroissiens l'avaient devancé, et ils se précipitèrent devant lui pour essayer une dernière fois de l'arrêter au passage. Ils n'y réussirent point, et quelques jours après Frédéric-William Faber abjurait publiquement à Northampton.
Il nous reste à raconter sa vie dans le sein de la véritable Église.
Dans l'ordre naturel comme dans l'ordre mystique, rien n'est peut-être digne d'être étudié de près comme les premiers temps qui suivent une conversion. J'ai rencontré de ces convertis qui, au lendemain même de leur retour à la lumière, demeuraient froids et presque aussi voisins que possible de leur ancienne erreur. Mais ce cas n'est pas fréquent. D'ordinaire, rien n'est comparable aux premières ardeurs de celui qui vient de conquérir enfin la