‹ Esprit du p. FaberChapitre 188 sur 435 · LIVRE HUITIÈME. — L 'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. — L 'EUCHARISTIE

amènent une foule d'âmes aux pieds de leurs médecins spirituels. Plus d'une qui était hier dans l'état de péché a voulu que le soleil d'aujourd'hui se levât sur sa pénitence ; et sur chacune d'elles tous les anges du ciel se réjouissent plus que sur la création d'un monde nouveau. Des millions d'âmes se sont préparées à la communion, et la moins fervente de toutes a fait pour Dieu quelque chose que sans la fête elle n'aurait pas fait. Ces mêmes âmes ont communié ; et songez à tout ce que Jésus a opéré en elles, avec elles et pour elles, tant qu'a duré l'union sacramentelle ! Ces âmes, enfin, ont fait leur action de grâces ; et quel chœur de louanges s'est alors élevé vers le ciel ! Combien de gens d'un âge mûr que le soir trouvera moins mondains qu'ils n'étaient le matin ! Dans combien d'âmes enfantines la foi n'a-l-elle pas fait naître et croître des rejetons vigoureux, souples et pleins de sève ! Un jour a fait plus pour elles qu'une année entière de croissance ; et qu'il est beau de contempler les progrès de la foi dans Fâme d'un enfant, surtout quand on entrevoit en même temps la riche moisson qu'elle promet pour l'éternité ! Et que dirai-je de ces abîmes plus profonds encore des âmes mortifiées et intérieures ? Je suppose que le simple exercice de la foi, pour ne pas parler de la charité, est dans un saint quelque chose de si profond, de si élevé, de si sublime, une union si intime avec Jésus-Christ, que nous, chrétiens ordinaires, ne saurioos le comprendre. Et combien de véritables saints, de ceux qui devaient ensuite être placés sur les autels de l'Église, ont été ravis en extase en ce jour, ou ont conversé avec Dieu dans le cours d'une union intime et surnaturelle, sous la puissante influence de ce mystère qui communiquait à leur âme une vie nouvelle ! Le cloître a fait monter en silence vers le ciel les suaves parfums qui s'exhalent en ce jour du^ein des épouses mystiques de Jésus-Christ II en est sorti assez d'actes de foi pour obtenir la grâce de la conversion à des peuples entiers ; des actes d'amour suiiisants pour expier un océan de blasphèmes

et un monde de sacrilèges ; des acles d'union qui ont rendu la force et la vigueur à l'Église universelle et qui ont porté la vie jusque dans les contrées les plus lointaines. Qui pourrait compter les vocations qui ont pris naissance ou qui se sont déclarées en ce jour ; les conversions tentées ou effectuées ; les premiers coups portés à de coupables habitudes, ou les résolutions formées d'en acquérir de bonnes ; les péchés remis et les intentions criminelles frappées de stérilité; les lits de mort consolés et les âmes du purgatoire délivrées par l'influence de la charité de la terre, dont le zèle s'est rallumé aux flambeaux de cette belle fête ? Aujourd'hui un monde vaste et populeux d'actes intérieurs est éclos sous l'œil de Dieu, et telle en est la beauté, l'éclat, la piété et la dignité, que la fête du monde extérieur n'est qu'une pâle image de cette fête du monde spirituel. Et qu'est-ce que tout cela, sinon un triomphe, le Triomphe de Notre-Seigneur caché ?

{Le Saint Sacrement, I, pp. 3-8.)

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