‹ Esprit du p. FaberChapitre 20 sur 435 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

plus restreints : il y avait, bien compté, une chaise pour chacun. Un bienfaiteur leur avait donné quelques cuillers d'étain où l'engagement de la Société de tempérance se trouvait imprimé. Et, comme ils étaient trop pauvres et trop mortifiés pour boire rien de. plus fort que du thé, l'engagement n'était pas fort compromettant. » Mais la figure la plus aimable de toute la communauté, c'était encore celle du supérieur, qui remplissait aussi les fonctions de cuisinier, et que son ami Hutchison trouva occupé « à remuer avec la plus grande persévérance, et tout grillé par le feu, une pleine marmite de soupe aux pois. » Or, le supérieur, c'était Faber, et si j'étais peintre, j'aimerais à le représenter ainsi dans une petite toile, suivant la manière de Meissonnier.

Les Wilfridiens allèrent tout aussitôt chercher à Rome l'approbation sans laquelle ils ne voulaient pas vivre. Le P. Faber traversa de nouveau la France, répétant sans cesse et jetant à tous les vents la devise de son Ordre : Voluntas Dei. Il s'arrêta quelques jours à Paris, heureux de s'agenouiller à la chapelle de la Vierge de Saint-Sulpice et à celle de Saint-Gervais ; car sa dévotion pour la Mère de Dieu allait toujours croissant, et « sans elle, disait-il déjà, il est tout-à-fait impossible d'arriver à la perfection. » Partout où il trouvait quelque relique ou quelque souvenir de saint Thomas de Cantorbéry, il se sentait transporté d'une joie qu'il n'essayait pas de cacher; car dès lors ses saints de prédilection étaient saint Thomas, saint Wilfrid et saint Philippe de Néri. Notez cette dernière affection dont la vivacité nous expliquera bientôt un des actes les plus importants de la vie de notre héros. Nos lecteurs s'étonneront peut-être de n'avoir pas

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