‹ Esprit du p. FaberChapitre 21 sur 435 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

entendu parler de saint Joseph : c'est que les Wilfridiens l'avaient choisi pour supérieur. Ils le traitaient comme s'il eût été visible au milieu d'eux. Rien n'est beau, rien n'est naïf comme tous ces commencements.

Cependant le P. Faber (nous pouvons désormais l'appeler de ce nom) était déjà épuisé : « Je me sens vieilli de cinquante ans », écrivait-il en mars 1846. Couverts d'injures, « poursuivis dans les ruelles enfumées de Birmingham par les quolibets des gamins qui s'amusaient de leur habit », les pauvres Wilfridiens continuaient bravement leur mission auprès des pauvres artisans de l'Angleterre, laissant ainsi un grand exemple à tous les catholiques qui de nos jours s'occupent des ouvriers et qui voudraient trop souvent conquérir sans de longues fatigues un éclatant succès. Ils restèrent peu de temps dans Caroline-street, et l'année 1846 ne s'écoula point sans qu'ils se fussent établis dans la maison de Cotton-Hall, que leur avait offerte lord Shrewsbury. Le P. Faber y arriva... pour se mettre au lit, où l'on s'imagina qu'il allait mourir : il reçut l'Extrême-Onction, et ses frères crurent qu'ils allaient perdre en lui le meilleur appui de leur Ordre. Mais Dieu le réservait pour de plus hautes destinées, et ce n'était pas en vain que l'amour de saint Philippe et de l'Oratoire se dilatait alors dans la petite famille des Wilfridiens.

Quelques mois après, le jour de Pâques de l'année 1847, le P. Faber célébrait sa première messe : avec quelles larmes, avec quelle joie ! Et il mûrissait en lui-même le' projet de fondre les Frères de la Volonté de Dieu avec le: grand institut de l'Oratoire. Il était attiré à celte résolution par de puissants motifs, et nous savons déjà quel amour

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