INTRODUCTION. XXIII
il portait depuis longtemps à la règle de saint Philippe. Son ancien directeur et ami, Newman, venait en outre d'être nommé supérieur de l'Oratoire en Angleterre. Tout le portait à cette résolution. Tout?... non. Il fallait dire adieu à sa chère conception de la communauté des Wilfridiens. Ces Frères de la Volonté de Dieu, c'était sa pensée qui les avait créés. Il leur avait communiqué ses doctrines, son souille, sa vie. Le petit Ordre, vraiment, avait déjà ses souvenirs, voire ses traditions, auxquelles chacun des frères était très-intimement attaché. Or, voilà ce qu'il s'agissait de rompre pour aller se perdre dans un grand Ordre existant depuis plusieurs siècles. Adieu tout dessein original, adieu toute initiative personnelle ! Le P. Faberpesa longuement toutes ces objections. Et. cependant, quoique son cœur en fût brisé, il résolut de passer outre et d'opérer avec l'Oratoire cette fusion contre laquelle ne protestait pas la meilleure partie de lui-même. La crise fut des plus cruelles et des plus longues ; car c'est seulement en février 1848 (à la veille d'une tempête politique qui allait bouleverser toute l'Europe) que le P. Faber put écrire ces mots à M. Watts Russell : « Nous allons être solennellement admis parmi les Oratoriens. » Et il ajoute, après avoir raconté toutes ses intimes douleurs: « Mon union à l'Oratoire a été pour moi une union de sang et de circoncision. » Il jette en effet sur son ancien couvent, sur Saint-Wilfrid, un regard tout trempé de larmes. Il y regrette « les arbres qu'il a plantés, les allées qu'il a tracées, les ruisseaux qu'il a dirigés », et surtout « dixhuit mois de luttes pleines de difficultés. » Bref, le 17 février, il est reçu, lui, fondateur d'ordre, il est reçu simple novice à Marydale. Voilà de ces humilités comme