ÉLOGE DE LA DOUCEUR
Il nous faut édifier les autres par la douceur de Jésus- UDe douce réponse détourne la colère, dit l'Écriture. Un langage plein de bouté et d'aménité, comme celui de Notre-Seigneur, constitue seul un apostolat ; tandis que des propos spirituels, mais mordants, tels que nous avons parfois à la rigueur le droit d'en employer, contribuent à consommer l'œuvre du démon, portent de graves atteintes aux âmes des autres, et font de profondes blessures à la nôtre. Veillons aussi à ce que nos manières soient l pleines d'affabilité : elles doivent nous servir à attirer les autres hommes à nous, et à leur faire aimer l'esprit qui nous anime. La froideur, le manque d'intérêt, un certain air de supériorité qu'on prend sans bien se rendre compte pourquoi, une affectation de condescendance, sont des défauts qu'il n'est pas rare de trouver chez les personnes pieuses. Elles n'ont pas encore maîtrisé l'esprit qui est en elles au point d'en savoir faire un gracieux usage, ou elles ne savent pas apprécier ce qu'il y a de délicat et d'universel dans sa tendresse. Elles ne possèdent pas. dans leur esprit une peinture fidèle de Jésus, comment pourraientelles le reproduire dans leur conduite extérieure ? Tout, jusqu'à nos regards, doit être soumis à l'influence de la grâce. Plus nous nous appliquerons à graver l'image de Jésus dans nos cœurs, et plus sa douceur transpirera au dehors de nous, à notre insu. Excepté dans les moments de grande douleur physique, et même quelquefois alors, la paix intérieure et la quiétude de l'âme se reflètent d'une manière visible sur toute la personne extérieure. On a remarqué que dans l'Évangile selon saint Marc, écrit sous la dictée de saint Pierre, on trouve de fréquentes allusions aux faits et aux gestes de Notre-Sei-