‹ Esprit du p. FaberChapitre 24 sur 435 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

Cependant nous sommes arrivés en 1850 et n'avons pas encore parlé des livres du P. Faber : c'est qu'il n'avait pas encore eu le loisir d'élever, ni seulement de commencer son monument. Mais il y pensait, et préludait par ses prédications à ses chefs-d'œuvre à venir, à ces livres admirables où la Théologie et la Poésie sont si admirablement harmonisées et fondues. « Le P. Faber, dit alors un de ses correspondants, travaille moins comme un homme que comme une machine à vapeur : il a composé cette année vingt-six sermons sur le Carême et prêchera le grand sermon du Vendredi-Saint. 11 faitd'aulres sermons contre le Transcendantisme, écrit des dévotions à Jésus ressuscité et fait des vers par kilomètres sur notre saint fondateur. » De nouvelles épreuves surgisssaient ; ce magnifique coup d'État de Pie IX rétablissant du fond de son exil la hiérarchie catholique en Angleterre, cette témérité nécessaire et sublime fut aux yeux de l'anglicanisme un scandale contre lequel les protestations les plus violentes parurent légitimes. Les catholiques coururent alors les plus grands dangers, mais rien n'égala la haine dont on poursuivit dans Londres les Oratoriens que leur habit désignait aux fureurs populaires : « Pas de papisme! A bas les Oratoriens ! » Les religieux ainsi traités n'avaient cependant fait que du bien. Ils s'étaient dévoués durant le choléra à tous leurs frères souffrants et on les voyait recevoir jusqu'à onze cents enfants dans leurs écoles pour les catholiques pauvres. Néanmoins, l'évêque anglican de Londres leur lançait à la face un mandement plein d'où-

Page 1