‹ Esprit du p. FaberChapitre 25 sur 435 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

trages, la populace les maudissait et « les gentlemen euxmêmes les huaient de la portière de leurs voitures. •» C'est ce dont se réjouissait le plus le P. Faber : car il ne craignait rien tant pour l'Oratoire que cette prospérité, « qui peut rendre les religieux présomptueux et vides.» La persécution s'adoucit, l'orage s'éteignit, le jour se fit, et le P. Faber, après s'être fatigué dans un voyage à Malte (1) et s'être retrempé dans un voyage en Irlande, put enfin mettre la plume à la main et écrire ces sept ou huit livres qui rendront son nom immortel.

Le 16 janvier 1853, il commença Tout pour Jésus et y travailla jusqu'à seize heures par jour. Son biographe nous apprend qu'une première édition fut épuisée en un mois, et que ce sous-titre excellent : Voies faciles de l'amour divin, ne fut peut-être pas le moindre élément de ce succès admirable. Mais ce que les catholiques ignoraient (ceux de France, tout du moins), c'est que toutes les œuvres du P. Faber furent écrites en cinq ans, de 1853 à 1858. Le Supérieur de l'Oratoire à Londres avait beaucoup lu depuis douze ou quinze ans ; il avait recueilli beaucoup de notes ; il était doué d'une mémoire prodigieuse. Dès qu'il se prit à écrire, les idées qu'il avait mûries si longtemps dans sa belle intelligence trouvèrent sous sa plume une expression facile et adéquate à sa pensée. De là, cette chai mante rapidité qui surprend quelquefois le lecteur dans ses meilleurs ouvrages ; de là quelques obscurités et lépétitions; mais de là aussi cette verve incomparable qui rend cette lecture si aisée et si agréable. Cela coule de source. Et cependant, l'auteur

(1) Il ne put aller plus loin et dut renoncer au projet qu'il avait eu de visiter Jérusalem et la Terre-Sainte.

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