‹ Esprit du p. FaberChapitre 26 sur 435 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

élail un homme usé, travaillé par d'insupportables maux de tête, se livrant presque toujours à la prédication la plus fatigante, entretenant une correspondance avec l'univers entier, dirigeant des âmes, gouvernant une communauté. Et à côté de Tout pour Jésus, du Saint -Sacrement, du Progrès en sainteté, du Créateur et de la créature, du Pied de la Croix, de Bethléem, du Précieux sang et des Conférences, il publiait en môme temps d'innombrables poésies, le Sir Lancelot, des cantiques, le Livre d'Éthel, et préparait un second volume de Conférences en même temps qu'un Traité du Saint-Esprit. Sa santé cependant s'altérait de jour en jour ; ses souffrances prenaient un caraclère aigu ; il se sentait mourir.

Dieu permit qu'il mourût longuement et que ces longueurs de la mort fussent pour lui très-douloureuses. Toute la vie du P. Faber ne fut qu'une maladie chrétiennement acceptée et saintement aimée. Il traîna jusqu'en 1863 cette existence dont rien ne pouvait adoucir la rudesse. Cependant il ne cessait de sourire à la vie, et sa correspondance n'offre aucune trace de désespoir, ni seulement de tristesse. Sa foi le soulevait de plus en plus au-dessus de toutes ses douleurs; son mysticisme le faisait vivre ailleurs. Au mois de juin, on vit bien qu'il ne supporterait plus longtemps le poids de sa souffrance. Le cardinal Wiseman voulut lui écrire une dernière lettre et donna à ses adieux l'expression d'une tendresse profonde. Son meilleur ami, Hutchison, aussi épuisé que lui, le

Page 1