L'AME APRÈS LA MORT
Regardez cette âme qui vient d'entendre son jugement. A peine Jésus a-t-il fini de parler, le son de sa douce voix n'est point encore éteint, et ceux qui pleurent n'ont point encore fermé les yeux du corps loin duquel la vie a fui ; pourtant le jugement est rendu, tout est consommé. Il a été court, mais miséricordieux. Que dis-je ? miséricordieux; la parole ne saurait dire ce qu'il a été. Que l'imagination le trouve. Un jour, s'il plaît à Dieu, nous en ferons nous-mêmes la douce expérience. Il faut que cette âme soit bien forte pour ne pas succomber alors sous la vivacité des sentiments qui s'emparent d'elle : elle a besoin que Dieu la soutienne pour ne point être anéantie. La vie est passée ; comme elle a été courte ! La mort est arrivée; combien douce a été son agonie d'un moment! Gomme les épreuves paraissent une faiblesse, les chagrins une misère, les afflictions un enfantillage ! Et maintenant, elle a obtenu un bonheur qui ne finira jamais. Jésus a parlé; le doute n'est plus possible. Quel est ce bonheur? L'œil ne l'a point vu, l'oreille ne l'a point entendu. Elle voit Dieu, l'éternité s'étend devant elle dans son infinité. Les ténèbres se sont évanouies; sa faiblesse a disparu ; il n'est plus ce temps qui, autrefois, la désespérait. Plus d'ignorance, elle voit Dieu. Son intelligence se sent inondée de délices ineffables; elle a puisé de nouvelles forces dans cette gloire que l'imagination ne saurait concevoir; elle se rassasie de cette vision, en présence de laquelle toute la science du monde n'est que ténèbres et ignorance ; sa volonté nage dans un torrent d'amour; un bonheur excessif pénètre par toutes les affections ; ainsi qu'une éponge s'emplit des eaux de la mer, elle s'emplit de lumière, de beauté, de bonheur, de ravissement, d'immortalité, de Dieu.
(Tout pour Jésus, p. 98.)
LIVHE DOUZIÈME. — l'ÉTERNITÉ. 341