LIVRE DOUZIÈME. — L ÉTERNITÉ
méditer tout cela avec persistance et rester ce que nous sommes ? Avons-nous aucune assurance que cette destinée ne sera pas la nôtre ? Et en face d'une simple possibilité de cette espèce, peut-on dire qu'il y ait rien autre chose d'important dans la vie ? Notre vie porte-t-elle la trace d'efforts sérieux pour éviter ce mal suprême ? Où en sommes nous en fait de repentir intérieur ? Que sont nos mortifications, nos larmes, nos gémissements, nos aumônes ? Que faisons-nous du monde ? Que faisons-nous de nos péchés passés, au point de vue de la pénitence ? Quelle est notre conduite à l'égard de nos tentations et occasions de péché pour le présent ? Nous mettons-nous en peine des résolutions pour l'avenir ? A supposer que tout soit au mieux, il n'est clair pour aucun de nous que nous échapperons à cet enfer qui reste pour nous tous une menace jusqu'à la fin. Les Suints nous disent que ceux qui se sentent les plus sûrs de n'y pas aller sont le plus en danger de se tromper. Avons-nous quelque attachement pour le péché, ne fût-il que véniel ? Marchons-nous avec Dieu ? Ne tâchonsnous point d'éluder ce qui nous gêne dans le devoir ? C'est par ces faiblesses que l'enfer commence à prendre pied dans nos âmes. Qui sont ceux d'entre les morts qui ont évité cet abîme ? Ce sont ceux-là, et ceux-là seulement, qui, sur la terre, ont embrassé la croix et l'ont portée chaque jour, et qui ont ainsi, toujours ainsi, suivi le Christ.
(Conférences spirituelles, pp. 378-385.)
Qui douterait que le ciel renferme en ce moment des milliers d'âmes qui n'y seraient jamais entrées, si l'enfer n'avait existé ?
(Tout pour Jésus, p. 347.)
348 ESPBIT DU P. FABER.
Quelque incompréhensibles que soient les châtiments de l'enfer, ils sont moindres que ne l'exigerait une rigoureuse justice ; et cette moins grande sévérité est due précisément au Précieux Sang. Avant Pierre Lombard, la généralité des théologiens soutenait qu'à la longue il y avait quelques adoucissements dans la rigueur des tourments de l'enfer. Au bout d'un certain temps ils diminuaient d'intensité. 11 y avait des expiations qui n'étaient pas éternelles, mais simplement temporelles. Il y avait des condamnations dans de certaines limites. Pierre Lombard, comme le dit saint Thomas lui-même, a apporté des modifications à cet enseignement, et saint Thomas a marché sur ses pas. De nos jours, M. Émery, de Saint-Sulpice, a ranimé les traditions anciennes, mais sans faire beaucoup d'impression sur les écoles. Quoi qu'il en soit, si, indépendamment de ce que, grâce au Précieux Sang, la rigueur des supplices de l'enfer n'est pas telle que le demanderait une stricte justice, il y avait de ces adoucissements dont parlent les anciens théologiens, ces adoucissements aussi seraient dûs sans aucun doute à l'empire du Précieux Sang. C'est de lui seul qu'il peuvent venir, s'ils existent en aucune façon.
(Le Précieux Sang, p. 167.)
Ceux qui ont l'habitude de se promener endormis se réveillent parfois au moment où ils mettent le pied dans une eau froide. Eh quoi ! si le pécheur n'allait se réveiller que sous les premières atteintes du feu qui brûle au delà de la tombe ?
(Le Précieux Sang , p. 6.)
Il n'est personne au monde qui ne -ressente la douce influence de Jésus. Même les damnés dans l'enfer, grâce à l'u-