DU NOMBRE DES ELUS
Nous ne voulons aucunement entrer ici en des recherches sur le petit nombre des élus parmi l'humanité Iout entière.
Nous n'avons pas à nous occuper des destinées futures des païens et des hérétiques : ce ne serait qu'une frivole curiosité. Je ne veux pas perdre mon âme en m'emportant contre Dieu parce qu'il ne m'a pas dit comment il se propose d'agir à l'égard de sa propre création. Leurs chances de salut seront évidemment réglées sur la grandeur du bienfait que le don de la foi confère à l'âme. Pour nous, il ne saurait y avoir là de difficulté. L'opinion des graves théologiens nous enseignera tout ce que nous avons besoin de savoir ou de conjecturer. Ce qui se borne à bien peu de chose. Notre affaire, à nous, est de calculer s'il y aura peu d'âmes sauvées parmi les catholiques, et jusqu'à quel point nous pouvons respectueusement chercher des consolations dans des indications que Dieu a daigné nous donner par la bouche sacrée de son Verbe, et dans les raisons théologiques.
D'abord nous possédons, au chapitre septième de l'Apocalypse, le texte de. saint Jean, vicii lurbam magnam, que l'Église fait retentir à nos oreilles à Sexte, durant toute l'octave de la Toussaint : « Je vis une grande multitude « que personne ne pouvait compter, de toute nation, de « toute tribu, de tout peuple et de toute langue, qui étaient « debout devant le trône et devant l'Agneau, revêtus de robes « blanches, avec des palmes dans leurs mains. » En second lieu, un théologien espagnol a émis l'opinion que nous pouvons en toute sûreté respectueusement supposer qu'il sied à la bonté divine que le nombre des élus soit égal ou même supérieur à celui des damnés. Cette opinion porterait l'interprétation la plus favorable infiniment au delà de ce que les intérêts des catholiques seuls pourraient exiger ; et elle jette certainement de l'obscurité sur certaines paroles de Notre- Seigneur qui paraissent très-claires. Quoi qu'il en soit, il n'est pas inutile de savoir ce qu'a pensé un homme aussi saint et aussi éclairé que Louis Dupont. Il faut qu'il ait tenu compte de la multitude des enfants baptisés. En troisième lieu, il doit y avoir une certaine