INTRODUCTION. XXIX
la poésie. N'oublions point que, dans les œuvres du mystique anglais, la Théologie et la Poésie se pénètrent. Il n'y a pas à la page 10 un « morceau poétique» et un « morceau théologique » à la page 40. Non, toutes les pages sont à la fois scientifiques et colories, exactes et ardentes. Et tel est le caractère propre de son admirable talent (1). On ne lui ravira point cette gloire.
Comme théologien, il ne se rattache pas à une seule école. C'est ainsi qu'il est très-nettement scotiste dans la théorie de l'incarnation. A vrai dire, il appartiendrait plutôt, par les ardeurs de son génie, à l'école franciscaine qu'à la dominicaine. Au xme siècle, on vit nettement deux fleuves, aux courants fort distincts, sortir du flanc de cette montagne qu'on appelle l'Église : et à ces deux courants sont demeurés attachés les noms de saint François et de saint Dominique. Chacun de ces deux groupes se résuma ensuite en un homme, en un génie-type : le premier nous donna saint Thomas, et l'autre saint Bonaventure. Or, le P. Faber est principalement un fils spirituel de saint Bonaventure. Aux idées franciscaines il unit trèsintimement celles du Carmel, celles des mystiques espagnols, celles des premiers Sulpiciens. Partout et toujours, il adopte la théorie qui est à la fois la plus élevée et la plus large (2). Mais surtout il est sans cesse, il est obstinément
(1) C'est aussi le double point de vue auquel nous nous sommes placés pour donner au public cet Esprit du P. Faber. Nous avons eu le dessein décomposer avec les œuvres du célèbre Oratorien, un Gocrs
COMPLET DE THÉOLOGIE A L'USAGE DES PRÊTRES ET DES FIDÈLES Et, d'un
autre côté, nous n'y avons fait entrer que les morceaux de la plus haute valeur littéraire, les plus admirables chants de ce grand poète. Nous prions nos lecteurs de se reporter à notre table, s'ils veulent se rendre un compte exact de la nature et de l'étendue de notre plan.
(2) C'est avec une grande joie que nous avons relevé, dans le livre