‹ Esprit du p. FaberChapitre 285 sur 435 · LIVRE DOUZIÈME. — L ÉTERNITÉ · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. — L ÉTERNITÉ

apparaît tenant une couronne d'or de la main droite, et de la gauche un fouet formé de trois cordes noires ; enfin, Barachiel (Celui qui vient en aide), et qui est, selon une croyance populaire, le même ange qui parla à Abraham et qui reprit Sarah lorsqu'elle se mita rire: il est reconnaissable aux roses blanches dont son manteau est semé. Oh! quelles délicesle Verbe incarné ne doit-il pas trouver dans la glorieuse existence, dans l'esprit profond et dans la sublime adoration de créatures aussi parfaites ! Si la science pouvait descendre dans ces abîmes de corail et explorer ces cavernes, où le soleil n'a jamais pénétré, que recèlent les océans Atlantique, Pacifique, Arctique et Antarctique ; s'il lui était donné de noter, de classer et d'apprendre les innombrables genres et espèces de coquilles, d'herbes marines et d'êtres inanimés, l'œil de l'observateur ne pourrait pas rencontrer un monde plus fécond en découvertes de toute sorte, si ce n'est dans les natures si riches et presque inépuisables, dans les grâces merveilleuses, dans les gloires inénarrables de ces sept Esprits qui sont les gardiens choisis du trône de Dieu. L'âme du Verbe incarné les contemple avec amour et avec bonheur; elle se complaît à couronner leurs hommages en les agréant, et elle daigne recevoir, au sortir de leurs purs encensoirs, nos prières humaines qui sont encore imprégnées des parfums de l'encens de la terre. Voilà ce que fait encore en ce moment dans le ciel Jésus, ce même Jésus qui est ici' près de nous, dans le Saint-Sacrement.

Montons plus haut, plus haut encore. Nous approchons de l'illustrohiérarchie de l'incarnation, enveloppée d'unegloire qui n'appartient qu'à elle et tirant une splendeur inouïe du voisinage de la sainte humanité du Verbe. Là se trouvent les onze Apôtres rassemblés par Jésus après sa résurrection, et Matthias, que le Saint-Esprit lui-même élut pour succéder à Judas, puis sur le treizième trône saint Paul, et enfin Barnabe, qui compléta le Collège apostolique. Là aussi "nous rencontrons les deux évangélistes, Marc et Luc, qui n'étaient pas au nombre des Apôtres,

avec Siméon et Anne, Elisabeth et Zacharie, Joachim et Anne, Magdeleine, Marthe et Lazare, Simon le Gyrénéen et Joseph d'Arimathie, Nicodème et Etienne, Malchus et Véronique, Longin et Dimas, avec les soixante-dix Disciples et les autres saints de l'Évangile. Là sont les saints Innocents, dont le sang fut le premier qui coula pour Jésus après qu'il eut versé le sien pour eux dans la circoncision ; les saints Innocents auxquels, selon quelques révélations faites aux saints, la plénitude de l'usage de la raison, avec une immense capacité d'acquérir des mérites, fut attribuée au moment de leur massacre, et qui jouissent aujourd'hui d'une singulière puissance dans le ciel comme patrons des mourants: (aussi ce fut en invoquant leurs doux noms que saint François de Sales se fortifia au moment de rendre l'esprit.) Là enfin, au comble de la gloire et du bonheur, se trouvent les deux fidèles gardiens du trôDe de Marie, saint Jean-Baptiste, dont la vie ne fut qu'un long miracle qui étonna la terre, et saint Joseph qui, soumis à mille épreuves pénibles, fut choisi de Dieu pour servir ses desseins les plus mystérieux, mérita d'être le représentant du Père éternel sur la terre, mena une vie aussi calme que le cours paisible de la Providence, aussi modeste, aussi simple que les trente-trois années que le Verbe incarné passa sur la terre. Telle est la hiérarchie de l'incarnation. De même que les nuages qui se pressent autour du soleil couchant se colorent de reflets d'or et de pourpre, et, toujours changeants, toujours nouveaux, étincellent comme autant de sublimes fournaises allumées dans le ciel ; — ainsi en est-il de ces Saints qui composent la hiérarchie de l'incarnation, et qui, groupés les uns avec les autres, se pressent autour de la gloire éclatante de l'Agneau.

Montons, montons encore. Non loin du Sacré Cœur de Jésus s'élève le trône médiateur de Marie. Il n'y a peut-être pas de date plus mémorable dans les années du ciel que le jour de son couronnement. Elle est la femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles qui

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