INTRODUCTION. V
c'était toute son ambition. Mais de grands combats se livraient dans son âme, et ce n'était que le prélude de luttes infiniment plus douloureuses et plus «divines. »
En 1834, Frédéric-William était au Collège de l'Université à Oxford, et son adolescence gracieuse y était sans cesse tourmentée par l'idée de la lutte théologique. Les sectes se heurtaient dans cet entendement ; mais ce cœur avait vers l'Unité de si beaux soupirs ! Les élroitesses de l'anglicanisme ne pouvaient plus désormais suffire à ces yeux avides de larges horizons, et il écrivait déjà ces lignes expressives : « Je me défie d'une religion où l'on me définit l'Église comme une corporation opposée aux dissidents, et non pas comme un tout mystique. » A qui les entendait bien, ces mots signifiaient : « L'atmosphère anglicane est trop lourde pour moi : il me faut l'oxygène de l'Église romaine. » Son mysticisme cependant prenait d'admirables développements dont il aurait pu lui-même se rendre un compte exact, et j'ai là sous les yeux une de ses lettres de 1835 où il y a véritablement des trais dignes de Bethléem ou du Saint-Sacrement. Écoutez plutôt : « J'ai souvent pensé que nos premiers parents, dans leur état de bonheur, avaient du monde invisible une idée plus profonde, ou du moins plus étendue que la nôtre. Ils conversaient de bouche avec leur Père céleste, et peutêtre avec un des Ordres supérieurs de la hiérarchie angélique. Pour jouir de cette vision surnaturelle, il faudra la puissance de la résurrection du Christ, nous obtenant des corps glorifiés. » Tout notre futur mystique est dans ces lignes, qui furent écrites vingt ans avant Tout pour Jésus. C'est ainsi que Raphaël se révélait, longtemps avant la Transfiguration, clans quelques dessins gracieux et puis-