‹ Esprit du p. FaberChapitre 5 sur 435 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

sants, où ses premiers admirateurs pouvaient lire tout son avenir.

L'imagination de William Faber était ardente, et le doute dut avoir prise sur une telle intelligence. La lutte éclata un jour : elle fut terible, mais de courte durée. Deux lettres, assez peu claires, nous permettent d'entrevoir cette agonie à laquelle cette âme bien trempée ne succomba point. « Il n'y a pas huit jours, mon cœur était le temple du Saint-Esprit, asile de joie et de paix dans la foi. Et maintenant c'est l'enfer. Les eaux profondes ont inondé monàmeet je ne sais où je vais. Je sens que je succombe.» Mais, dès le lendemain, il chante le Te Deum : « Au moment même où je me sentais tomber, tomber dans l'affreux tourbillon, j'ai senti sous moi les bras éternels me ramener une fois de plus à la lumière du jour. » On sent dans ce langage l'inspiration constante de l'Écriture, dont le jeune Faber faisaitsa nourriture de tous les jours. « C'est, dit-il, le livre béni où l'esprit affligé se réfugie comme la colombe à son nid. » La poésie, cependant, allait toujours son train, et les Ordres religieux militaires emportaient son inspiration. 11 consacrait un poëme aux Hospitaliers et « passait le papier sablé de l'imagination sur les épées rouillées des chevaliers de Saint-Jean. » Déjà, il trouvait certaines formes de son style futur : « L'air ne cesse pas d'être imprégné des Décrets divins », écrit-il en 1835, et le lecteur ici se rappelle cette magnifique « procession des Décrets divins » dont il est si longuement question dans un de ses livres immortels. iMais sa grande préoccupation, c'était la lutte entre l'évangélisme et l'anglicanisme proprement dit. Après avoir été chaudement évangélique et presque calviniste, il tourna

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