INTRODUCTION. VII
de nouveau à « l'Église établie », cruellement balloté entre deux rivages où il ne devait pas trouver de port.
Le voilà donc, à vingt deux ans, proclamant, d'une voix sincère, les prérogatives de sa petite église. Quelles que fussent alors ses aspirations vers un plus noble horizon, la grâce avait en lui à faire un grand travail, et il n'avait encore pour Rome qu'une certaine haine mêlée de mépris. Newman lui-même, quoique très-éloigné encore des bras de la mère Église, ne lui paraissait pas un guide sûr. Pusey ne- le satisfaisait plus. Il ne le trouvait plus assez anglican, et condamnait sévèrement le piétisme, qui, suivant lui, « nourrissait le cœur aux dépens de la tête. » Dans toute la vie du P. Faber, rien n'est plus inquiétant peut-être que cette réaction de 1836. Si Dieu n'y avait veillé, il eût fini dès lors par devenir un petit recteur anglican, accommodant et douceâtre, au lieu d'être le plus grand mystique de ce siècle et une des plus pures lumières de l'Église
C'est alors que, saisi de nouvelles anxiétés, « il reprit en sous-œuvre les fondements de son éducation religieuse. » Il avait vingt-trois ans. C'était plus que du courage; à notre sens, c'était de l'héroïsme. Ce poète, cet adolescent blond et charmant, cette imagination chaude, ce jeune homme qui souffrait déjà si cruellement dans son corps et dans son âme, ce cœur qui avait vers le mysticisme de si nobles aspirations et dont la Vérité était l'aimant, cet homme de désirs et de lutte se remet donc à l'œuvre. Du haut de ce ciel invisible où réside la majesté et sa gloire, Dieu devait bénir l'entreprise d'un tel labeur, et il la bénit. 11 n'eut, pour ainsi dire, qu'à laisser tout d'abord agir