‹ Esprit du p. FaberChapitre 52 sur 435 · PATERNITÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

PATERNITÉ DE DIEU

Il me semble que l'idée du Créateur implique aussi celle du Père. La volonté seule de créer est, à mes yeux, un acte admirable de tendresse paternelle. Ainsi Dieu n'est pas seulement notre Père et notre Créateur, mais il est notre Père parce qu'il est notre Créateur. Une créature raisonnable, pour être une créature, doit aussi être un lils. Nous apportons avec nous du néant, d'où nous avons été tirés, ce lien de libation. La création appartient à la bonté de Dieu, plutôt qu'à sa puissance et à sa sagesse ; de sorte qne si nous savions seulement de Dieu qu'il est notre Créateur, nous devrions sentir en même temps qu'il est notre Père. « Qui formasti me, miserere mei; ôvous qui m'avez formé, ayez pitié de moi ! » telle était la prière que chaque jour de sa vie la pénitente du désert adressait à Dieu. Il y avait une sorte de droit, ou plutôt une ombre de droit dans cette invocation, et c'était là ce qui la rendait si chère à la timide humilité de la Sainte.

Quoi qu'il en puisse être, Dieu est notre Père, et il n'y a pas de vérité plus certaine que celle-là. Et tout ce que la paternité terrestre offre de plus tendre et de plus aimable n'est qu'une pâle image de la suavité et de la douceur ineffable de notre Père qui est dans les cieux. La parole ne saurait exprimer ce que cette idée offre de beau et de consolant : nous cessons de

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