‹ Esprit du p. FaberChapitre 7 sur 435 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

la nature, en se réservant d'intervenir plus tard avec sa grâce. 11 fallait avant tout triompher, dans l'esprit de Faber, de cette déplorable réaction en faveur de l'anglicanisme. Ce triomphe fut aisé. Délivré rapidement des médiocres attaches qui le retenaient dans l'Église établie, il reprit vaillamment sa marche vers l'autre Église, il redevint fort rapidement puséiste, newmanien, romaniste. L'obstacle qui l'avait un moment arrêté ne lui fit presque rien perdre de sa vitesse acquise, et il aima d'autant plus vivement ses idées, ses chères idées mystiques, qu'il avait été sur le point d'en perdre tout le trésor si laborieusement conquis. Dès lors il n'y aura plus de nœud dans sa vie.

Au milieu de cet Oxford bouillonnant de passions religieuses, au milieu de cette fournaise, il est désormais presque calme. Il se livre dès lors à des pénitences, à des jeunes véritablement catholiques. Dieu, pour l'éprouver et l'affermir, lui envoie quelques épreuves. Il échoue dans ses examens, et rien ne lui est plus douloureux que ces échecs, dont il se relève bientôt, après avoir séché vaillamment ses pleurs. 11 croit, d'ailleurs, avoir trouvé le secret de concilier ses tendances « newmaniennes » avec le ministère anglican, et le 26 mai 1839 reçoit la prêtrise hérétique. Un rayon gracieux, mais d'un ordre tout naturel, semble avoir en ce moment traversé sa vie, et son poëme intitulé Premier amour nous le montre songeant réellement au mariage et attiré chastement par une beauté qu'il n'a jamais voulu nous faire connaître. On devine ce que put être un tel amour avec un cœur aussi pur et une imagination aussi fraîche ; mais Dieu ne voulait pas qu'il s'attardât en ces oasis, si gra-

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