INTRODUCTION. IX
cieuses qu'elles pussent être. Et il lui disait : « Marche, marche ! »
Sa pensée était toujours en travail, et l'anglicanisme excitait en lui des doutes de plus en plus graves. Il réfléchissait aussi an gallicanisme et en avait horreur. Aucun esprit, en effet, ne fut moins gallican que celui du P. Faber, même avant sa conversion, et c'est par là qu'il décela sa véritable grandeur. « Si j'étais prêtre français, s'écrie-t-il à vingt-six ans, je serais de l'école de De Maistre. » Paroles qu'on n'a pas assez remarquées et qui sont en quelque manière l'ébauche admirable de son retour à la véritable Église.
Je voudrais que mes lecteurs se représentassent ici bien nettement l'intelligence et le cœur que j'ai entrepris de peindre ; je souhaiterais surtout leur avoir bien fait saisir les progrès de chaque jour, qui, petit à petit et presque insensiblement, vont amener notre héros aux pieds de la chaire de Pierre. En 1840, il entreprend un voyage en Italie, et c'est ce voyage qui décidera de la destinée de son âme. Au moment de son départ, il est ultrapuséiste et n'a que du dégoût pour l'Église établie. Il a commencé une traduction de saint Optât et fait sa lecture favorite de la Symbolique de Mœhler. Ses préventions contre Rome sont à peu près dissipées ; il a l'entendement dégagé de tous les préjugés qui sont propres aux touristes de son pays ; il y a de l'air dans cette âme qui est vraiment libre. Il traverse rapidement la France, qu'il a décrite en des pages plusieurs fois charmantes. A peine a-t-il mis le pied en Italie qu'il se sent vraiment chez lui. A Gênes, il tombe en pleine fête de l'Annonciation, et se réjouit au milieu de ce beau chaos de cloches en volées et