LIVRE TROISIÈME. — L'HOMME
une telle admiration, que nous admirons moins cette seconde manifestation de l'amour du Créateur.
En vérité, la dignité de l'homme, quelque surprenante qu'elle soit, l'est moins que l'Amour créateur de Dieu. Comme il tient pour toujours sa créature dans ses mains! Comme toutes choses, ce qui est clair aussi bien que ce qui reste obscur, ne sont que pour mener à leur fin les décrets d'une Miséricorde et d'une Bonté inépuisables ! Combien de difficultés et de problèmes ne sont que le champ où se déploie un amour si profond que toute notre sagesse ne peut arriver à le sonder ! Oh ! oui, Dieu est admirablement bon, et nous le sentons dès que nous nous rappelons qu'il nous a créés. Quel bonheur d'être tout à lui, de lui appartenir, de nous sentir complètement dépendants de lui et de nous reposer sur lui, non-seulement parce qu'il est fort, mais parce que nous sommes faibles et qu'ainsi toujours et en tout nous avons besoin de lui ! Quelle liberté vaudrait le sentiment de notre soumission à sa Souveraineté ? Quelle joie de le savoir si immense que nous ne pouvons sortir de sa présence, si clairvoyant que nous sommes à découvert et sans secret devant lui, et qu'auprès de son Éternité nous ne sommes qu'un néant, un néant qui vit parce qu'il l'aime.
( Le Créateur et la Créature, pp. 51, 57. )