‹ Esquisse biographique sur Mgr. de Laval, premier évêque de Québec [microforme]Chapitre 2 sur 6 · CE D 5 (NU · texte numérisé non relu

CE D 5 (NU

Un mois après, jour pour jour, le navire qui pus le premier pasteur du Canada, doublait la pointe de Lévi et paraissuit devant Québec. Ce dut être un beau jour pour ce digne évêque que celui où, pour la première fois, il aperçut la cité que Dieu, dans sa miséricorde, lui avuit réservée pour être le siége de son apostolat. Un bassin superbe où plusieurs grandes escadres pouvaient mouiller en sûreté ; un fleuve immense, où s’élançait avec impétuosité une cascade majestueuse, une belle et large rivière, des rivages partout bordés de rochers escarpés et parsemés çà et là de hautes et sombres forêts ; tel est le speciacle qui s’offrit tout-à-coup aux regards de M. de Laval, et dont la vue avait si vivement frappé auparavant le coup-d’œil du pieux Champlain. Sur Ja pointe du cap, se montrait le château bâti par ce grand homme, avec les clochers des églises et des monastères dont la croix dominait le fleuve et la nature gigantesque qui Penvironnait,

Le Canada attendait un évique ; mais le navire qui portait la nouvelle de la nomination de M. de Laval, battu par les tempêtes, n’arriva qu’après lui : aussi la surprise égala-t-elle la joie de la colonie, en apprenant que le vaisseau mouillé dans la rade, amenait son nouveau pasteur. Toute la population se réunit devant le château, et accompagna le vicomie d’Argenson, gouverneur de la Nouvelle-France, qui descendit au-devant du vicaire apostolique. M. de Laval, environné de ses compagnons et du gouverneur, monta dans la ville au son des clbcbes et au bruit de toute l’artillerie du fort. M. d’Argenson le mena à l’église paroissiale, puis ‘au château, où les ségteux jésuites vinrent lui rendre leurs devoirs.

Ce fut chez eux qu'il alla loger durant les premières semaines de son séjour À Québec : on lui prépara ensuite un appartement, dépendant de lPHôtel-Dieu, fondé en 1636, par la duchesse sd’Aiguillon, nièce de Richelieu, et il y demeura pendant près de trois mois, avec les prêtres qu’il avait amenés avec lui. Sa troisième habitation fut le pensionnat des Ursulines, qu’on appelait Séminaire, fondé en 1639, par Mme de la Peltrie : il y fit faire une clôture séparée, pour ÿ être canoniquement : mais la gêne que tant de personnes donnaient dans cette maison, lui fit ensuite accepter la maison même de Mme de la Peltrie, où il demeura deux ans. Il acheta alors une vieille maison près de l’église sur le cimetière qui fut transporté ailleurs ; c’est là qu’il fit bâtir le presbytère, où trois ans après, en 1662, vinrent se joindre à lui M. Dedouit et M. Henri de Bernières, autre neveu du trésorier-général, qui fut plus tard premier curé de la ville et le premier doyen du Chapitre.

Le premier soin de M. de Laval fut de se faire reconnaître et d’établir son autorité dans le Canada, malgré l’ablé de

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Caylus qui chercha quelque temps encore à lui opposer l’au: torité de l’archevèque de Rouen. Mais celui-ci se vit alors forcé de s’en retourner en France et d’aller se justifier à Rome du reproche de jansénisme qu’on lui fesait mal-à-propos. Le vicaire apostolique établit ensuite une offcialité : M. de Lauzon qui se trouvait déjà depuis quelque temps à Québec, fut nommé à la charge d’official et M. de Torcapel à ceile de promoteur. 11 fulmina ensuite ses bulles et défendit de reconnaître désormais d’autre autorité que la sienne.

Parmi les torts que M. de Laval a pu avoir aux yeux des

ouverneurs et des intéressés au commerce de cette époque, il n’en est aucun qui lui ait attiré plus de persécutions et d’avanies, que l’énergie vraiment chrétienne avec laquelle il s’opposa constamment à la traite de l’eau-de-vie et des liqueurs fortes. Tous les Canadiens sincères et moraux conviennent des ravages que l’avarice des marchands français causa parmi les sauvages, dont le penchant à l’ivrognerie, si funeste parmi enx, ne pouvait être qu’infiniment fatal à la religion et aux bonnes mœurs dans la Nouvelle-France. En supposant, ce que toutefois nous n’avouons pas gratuitement, qu’un excès de zèle ait pu emporter, à de rares intervalles, les évêques du Canada, au-delà des bornes d’une prudence consommée, n’est-il pas étonnant de voir que des hommes qui se sont constitués les défenseurs de l’humanité, n’aient vu dans le zèle de M. de Laval et de ses successeurs, qu’une ambition démesurée et une fausse jalousie d’intervenir dans l’action de l’autorité politique ? Nous ne discuterons pas jusqu’à quel point la juste réclamation des évêques pouvait être préjudiciable à la puissance des gouverneurs, ni les avantages matériels qui ont pu résulter pour la colonie du libre exercice de la traite des eaux-de-vie, ou de la tolérance que les pasteurs auraient pu accorder, en transigeant avec les intéressés à ce commerce odieux, nous voulons dire, en transigeant avec leur propre conscience. Nous ne ferons qu’une seule réflexion : les intérêts matériels des peuples doivent-ils l’emporter sur les besoins de l'intelligence, sur les intérêts intellectuels et spirituels, q'ii élèvent l’homme et qui lui montrent qu’il n’est pas seulement que de la poussière ? S’il en est ainsi, nous n’avons qu’à nous taire et à nous incliner devant la brute dont les besoins mitériels sont les premiers et les seuls intérêts.

Ces réflexions justifieront peut-être, aux yeux des lecteurs prévenus contre l’énergie de M. de Laval, l’excommunication qu’il lança contre ceux qui fesaient la traite de l’eau-de-vie avec les sauvages, mesure qui fut approuvée en Sorbonne en 1662, comme frès-juste et très-sage. Déjà les gouverneurs, jusqu’à M. d’Argenson inclusivement, avaient décrété des piines sévères contre ceux quise rendaient coupables de ce

trafic anti-civilisateur ; le vicaire apostolique ne fit donc que sanctionner ces peines par les foudres de l’Eglise : le clergé séculier et régulier s’empressa d’y souscrire, et tout le monde parut s’y soumettre avec docilité.

Mäigré les ravages d’une maladie contagieuse qui envahit Québec vers cette époque et qui donna occasion à M. de Laval d’exercer sa charité dans les maisons et l’Hôtel-Dieu, le prélat n’en continuait pas moins à s’occuper de l’organisation de son diocèse. Les Jésuites fesaient les missions lointaines des sauvages : les prêtres séculiers, encore en petit nombre, desservaient la ville et les monastères, vinsi que la paroisse de Beaupré, alors la seule organisée dans la campagne. L’évêque était toujours le premier à l’œuvre : on le vit plus d’une fois administrant les sacrements à la ville et à la campagne, seul avec un domestique ou un prêtre, ramant dans un canot en été, en hiver marchant sur la neige avec des raquettes, portant sur le dos s1 chapelle et un morceau de pain, souvent sa seule nourriture durant ces courses apostoliques. (C’est de cette manière qu’i! fit sa première visite épiscopale pour administrer le sacremsnt de la confirmation, et pour déterminer les lieux où il avait uessein de bâtir des églises et d’ériger des

aroisses. Il contracta dès lors les germes des infirmités qui

*’accompagnèrent durant toute sa vie et qui le forcèrent dans la suite à se démettre de scn évêché.

A son arrivée à Québec, il avait trouvé la colonie en armes et presque réduite aux abois, faute de secours de la mèrepatrie. Les Iroquois qui, depuis dix ans, fesaient aux Hurons, nos alliés, une guerre acharnée, ne se proposaient rien moins que d’exterminer tous les Français. De nombreux partis de ces sauvages tenaient la campagne autour de Montréal et de Québec, où la nouvelle de l’approche d’un corps considérable d’ennemis, au commencement de l’année 1660, avait jeté une profonde consternation. Les Ursulines et les Hospitalières, après avoir fait leurs fonctions durant le jour, étaient forcées de se retirer la nuit dans la grande maison des Jésuites, plus forte et plus avantageuse pour la défense que les monastères de ces dames. On avait, du reste, fortifié les deux couvents, et le gouverneur y tenait une partie de la garnison. Les religieuses furent long-temps sur le po:nt de tout abandonner et de revenir en France. Ainsi se passèrent les trois premières années du pontificat de M. de Laval ; dans une disette générale, dans des fatigues et des alarmes sans nombre, un dänger sans

cesse renaissant de perdre la vie au milieu des supplices atroces que les Iroquois fesaient subir à leurs prisonniers, et dans la crainte continuelle de voir l’Eglise naissante du Canada détruite ou dispersée, et forcé ainsi de repasser en Europe. Enfin les Iroquois se lassèrent eux-mêmes de cette

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guerre, dont ils ne tiraient que peu de profit ; on ne les vit plus durant le reste de l’année : mais vers la fin de l’hiver, plusieurs partis se montrèrent en divers enüroits de la colonie, et y exercèrent encore de grands ravages. L’Eglise du Canada perdit durant cette guerre malheureuse MM. Le Maître et Vignol, tous-deux prêtres de Montréal, qui furent tuëés par les Iroquois, et le P. Menard, jésuite, qui mourut martyr de son zèle, avee un catéchiste nommé Guérin, dans une mission chez les Ottawas. Cette mission était ingrate et périlleuse, mais il était parti plein de courage, déterminé par ces paroles de M. de Laval ; ‘ Toute sorte de raisons devraient vous retenir, mon cher Père ; mais Dieu, plus fort que toutes nos raisons, vous veut dans le pays où vous allez.” Il y mouru} de misère, sans qu’on ait pu jämais retrouver son corps.

Malgré les malheurs de son Eglise, le vicaire apostolique eut assez de courage et trouva encore assez de ressourcés pour envoyer de tous côtés des ouvriers dans les terres lointaines de son immense diocèse * et Dieu lui donna la consolation d’en retirer plus d’un fruit inespéré. Les environs de la Baie d'Hudson lui découvrant même quelques espérances pour l'avenir, il prit, en 1660, des mesures pour y faire porter les lumières de la foi, sars se laisser rebuter par les difficultés que présentait alors, bien plus encore que de nos jours, une mission si éloignée. Les Hurons, malgré leurs défaites, les Algonquins, les ,Abénaquis et jusqu’aux Sioux, furent évangélisés par ses soins, et dunnèrent à ce digne prélat des consolations en retour des aflictions qu’il recevait d’un autre côté.

Sur ces entrefaites, le baron d’Aveugour arriva de France pour relever M. d’Argenson, à qui sa mauvaise santé, le peu de secours qu’il recevait, et quelques chagrins particuliers avaient fait demander son rappel avant le temps. Kous avons parlé du penchant des sauvages à l’ivrognerie et des règlements que les gouverneurs avaient faits contre ceux qui jeur vendaient de l’eau-de-viee M. d’Avaugour, ferme et zélé dans les commencements, décerna de nouvelles peines contre les coupables. Un incident le fit changer tout-à-coup sans retour. Une femme de Québec fut surprise en contravention et conduite en prison. Le P. Lallemand, recteur des Jésnites, à la prière de ses parents et de ses amis, crut pouvoir sans conséquence intercéder pour elle. Il alla trouver le gouvernour. M. d’Avaugour le reçut fort mal et répondit brusquement: ‘ Vous êtes les premiers à crier contre la traite, et vous ne voulez pas qu’on punisse les traitants. Je ne serai plus le jouet de vos contradictions ; puisque ce n’est pas une faute punissable dans cette femme, elle ne le sera plus pour personne, ?

Ce: 1nemënt était loin d’être juste. Faut-il abolir une loi, ét -:mettre le crime, parce qu’on aura mal-à-propos demaändé ia grâce d’un criminel? Un peu plus de sang froid chez M. d’Avaugour lui aurait fait répondre au recteur qu’il remplissait sun devoir et ne fesait que suivre l’exemple du Sauweur, en implorant sa clémence pour cette femme ; mais que le sien l’obligeait de faire justice. Mais il ne consulta que son humeur et une droiture mal-entendue ; et par un faux point d’honneur, il refusa toujours de rétracter les paroles indiscrètes qui lui étaient échappées.. L’évêque, le clergé, les Jésuites, tout ce quil y avait d’honnêtes gens dans la colonie, les sauvages eux-mêmes, par des députations solennelles de leurs anciens et de leurs chefs, eurent beau lui représenter les suites malheureuses de cette liberté, et le supplier de faire exécuter ses propres ordonnances ; soit prévention contre l’évêque, ou ressentiment contre les Jésuites, rien ne put faire changer ce caractère raide et inflexible ; il laissa toute licence aux traitants, et bientôt Île désordre devint extrême. On distribua l’eau-de-vie en profusion. Les sauvages qui se fesaient instruire, abandonnèrent la religion: les plus fervents néophytes apostasièrent, et ces peuplades qui fesaient revivre

ar la pureté de leurs mœurs Îes vertus de fa primitive

glise et que les infidèles admiraïient eux-mêmes, devinrent Vopprobre et le scandale da nom chrétien. Un petit nombre seul sut résister, par dla séparation et la solitude, à ce fatal ‘entraînement.

Le vicaire apostolique se voyant repoussé par le gouverneur, «chercha à remédier au mal par les moyens que lui donnait d’autorité dont Dieu l’avait rewêtu. 11 publia un mandement par lequel il défendait absolument la vente de l’eau-de-vie, ‘t porta contre les réfractaireses censures de l’Eglise. Dans da suite il fit aussi un Cas réservé du commerce d’un Français avec les sauvagesses, ce cume si facile et si commun n’étant qu’une suite de l'ivresse à laquelle on les entraînait. Le clergé et des rekigienx secondèrent vivement le zèle de leur évêque dans da chaïre et aa tribunal de ia pénitence.

Ces nguearssalutaires devinrent le signal d’une persécution qui poursuivit le saint prélat au-delà même du tombeau. On invectiva publiquement contre les prêtres et leur évêque, en es accusanit de troubler injustement les consciences, et l’on alla même jusqu’à les calomnier dans l'urs mœurs et leur conduite. Les libelles se multiplièrent, et l’on porta jusqu’au pied du trône des mémoires renfermant les plaintes élevées contre eux. Le roi, toutefois, qui en pénétrait les vrais motifs, n’y eat aucun égard : ce qu’il y avait de respectable dans 'a colonie, la voix publique elle-même les démentaient : on ne put donc réussir à entamer la APAAE de sainteté si juste.

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ent acquise à M. de Laval : tout ce que l’on gagna, et les intéressés ne demandaient pas autre chose, fut que le commerce de l’eau-de-vie demeura libre et que les traficants eurent pleine licence pour porter les sauvages au désordre -et pour les entraîner dans un abrutissement pire mille fois que celui dont les missionnaires de la Compagnie de Jésus avaient eu tant de peine à les retirer. | . M. de Laval en était profondément affligé.. Mais il souffrait ävec une sainte résignation toutes les tribulations qu’il plaisait à Dieu de Jui envoyer. Ne considérant en tout que la Golénts de ich divin maître, il se croyait heureux de supporter gueique chase-pour l’amour de lui et pour le bien de sa chère

glise, Celle-ci. l’occupait sens cesse. Ses besoins étaient

‘extrêmes et la trdite odieuse de l’eau-de-vie n’était pus le moindre de ses. maux. Ces motifs et:plusieurs autres, déterminérent enfin le-pieux évêque à se rendre en Frence, jour + pied-du trône les besoins de l’Eglise du Canada, … Prois apnées de séjour dans ce pays lui en avaient appris l’état et les besoins. Si,.par humilité, 1l avait refusé une: première fois d’en être l’évêque titulaire, il comprenait maintenant que Pérection d’un évéché.y était désormais nécessaire. Il ne pouvait se flaiter d’avoir toujours des prêtres de France, et cette Eglise déjà si considérable et qui s’augmentait tous les jours, ne pouvait plus se gouverner long-temps, sans une autoité supérieure pour pourvoir à ses besoins et corriger les abus. ‘C’était là üne chose qu’on ne pouvait guère espérer avec des missionnaires dispersés sur une étendue immense, sans biens, sans crédit, sans nom, et qui à peine se connaissaient entr’eux. F fallait donc un évêque qui formât des prêtres dans le pays et qui fût le centre commun de cette Eglise naissante. Ces raisons si puissantes étaient précisément celles qu inspirérent si souvent aux gouverneurs généraux dans les colonies l’idée de s’opposer à l’érection des évêchés : ce sont encore celles qui, ‘de nos jours, entravent l’établissement des évêques dans la plupart des colonies frençaises où les gouverneurs, accoutumés à commander sans contrôle, redoutent de trouver dans l'œil vigilant d’un pasteur, la censure ou la réprobation d’une foule d’actes tyÿranniques, trop éloignés de la métropole jour en être connus.

M. de Laval se résolut donc au voyage d’outre-mer. Il passa en France en 1662, laissant dans tous les cœurs fidèles une mère douleur de son départ et un désir ardent de le voir revenir bientôt. Le temps de son sbsence fut signalé per des prodiges extraordinaires dans son diocèse et un tremblement de terre affreux qui bouleversa une partie de la Nouvelle- France. Néanmoins personne NY périt: mais on regarda ces phénomènes comme un signe de la colère céleste ; ils eurent

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cet avantage pour la colonie, qu’un grand nombre. de pécheurs firent pénitence et se réconcilièrent avec l’Église. Le vicaire apostolique fut reçi: à la cour avec cet éclat que donné un grand nom, de grands travaux, des vertus éminentes et la singularité, alors beaucoup plus rare que de nos jours, d’une mission au-delà des mers. On accourait en foule pour voir un apôtre que sa naissance rendait bien moins illustre qu’une grande sainteté, et la renommée de ses travaux et de ses fatigues dans une contrée encore exposée à tant de dangers. On raconte Et des premiers jours de son arrivée à Versailles, M. de Laval se présentant à la cour avec un habit qui annonçait bien plus le missionnaire que l’évêque, se trouva confondu dans la foule des courtisans de ‘tous les ordres, évêques, abbés et grands pe RE qui semblaient ne le regarder que pour lui reprocher la pauvreté de son costume. Louis XIV vint à passer. Déjà M. de Laval lui avait été une fois présenté, L’œil vif et fier de Louis parcourait la galerie. Tout-à-coup il reconnaît l’humble vicaire apostolique du Canada, et avec cet air de bienveillante dignité et de majestueuse condescendance qu’il savait s1 bien prendre au besoin, il s’approche et prenant la main du pieux évêque qu’n te aux courtisans étonnés : Perméttez-moi, mon cousin de Laval (1), lui dit-il, de faire connaître à ces messieurs ici présents, le pieux et ressectable évêque du Canada. ?” .On peut s’imaginér aisément A surprise et la confusion de cette foule brillante et les égards qu'elle dut témoigner ensuite au Saint prélat. Pour lui, toujours humble, 1l refusa les hommages qu’on lui voulait rendre, et ne profta de son crédit que pour se rendre utile à son Ezlise. 7 | Le voyage de M. de Laval avait eu pour but surtout de faire érixer Québec en évêché, et d’obtenir pour cette nouvelle Elise un chapitre et un séminaire avec une dotation convenable, en même temps que l’établissement d’un conseil souverain au civil, pour protéger la colonie et juger en dernier ressort les affaires des particuliers, jusques-là soumis à l’autorité arbitraire des ganverneurs. Le roi entra avec plaisir dans toutes ses vues ; il @pprouva le projet de l’évêché de Québec, l’en nomma lui-même le premier évêque, et chatgea son ambassadeur à Rome d’en solliciter les bulles d’érection. Il promit de doter l’évêché et donna à l’évêque l’abbaye de Maubec en Berry, à la charge de l’unir à l’évêché, lorsqu'il

(1) La maison de Bourbon avait à diverses reprises contracté autrefois des alliances avec les Montmorency ; days la suite les rois de France leur donnèrent parfois le nom de cousiu pour leur faire bon< ROUE, À * ; | Ov Lu gris té v F5

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