‹ Esquisse d'une esthétique musicale scientifique (volume 2)Chapitre 35 sur 107 · LES JUGEMENTS DES NON-MUSICIENS · texte numérisé non relu

LES JUGEMENTS DES NON-MUSICIENS

Slumpf ne demande naturellement pas à ses sujets sans éducation musicale d'observer sur eux-mêmes le degré de fusion d'un intervalle, mais seulement de dire s'ils entendent un son ou deux; il vérifie objectivement la vérité ou la fausseté de ce jugement sensoriel, classe les résultats en vrais ou faux, et obtient ainsi une table. Il identifie alors au degré de fusion des deux sons considérés, la proportion des cas vrais et faux au nombre total des cas. Il emploie également dans certaines occasions les autres procédés de la psycho-pbysique : comme la reclierche de la plus petite différence perceptible ou imperceptible et la mélliode des erreurs moyennes. Le caractère commun de toutes ces méthodes, c'est de porter toujours sur les gi-ands nombres (').

Cette application d'une méthode connue est évidemment d'une bonne psychologie, — toute réserve faite pour ses résultats esthétiques. Elle suppose pourtant un grave postulat : celui d'une égalité aussi grande que possible de 1' « amusie •> chez tous les sujets observés; alors que celle-ci comporte une infinité de degrés, et qu'une enquête préalable devrait la définir pour chacun d'eux ('). Néanmoins, c'est ci l'œuvre qu'il faut la juger; et ses résultats sont assez concordants pour présenter toutes les apparences d'une loi expérimentale.

Le tableau suivant indique les cinq degrés principaux de la fusion obtenus par celte méthode (').

remenl à inlerroger le sujet sur ce qui se passe en lui-même, c'esl-à-dire à enregistrer des interprétations subjectives. Gomment faire autrement et se priver de les connaître, quand elles sont une partie du fait lui-même? ^lais l'adoption de ce point de vue est gros de conséquences pour la méthode (Stumpf und M. Meyer, Maasbesthnmunqen, Beitr., II, p. 148 et s.).

(') Tonps., Il, p. 142 et s. Il voit dans ces procédés divers, non sans quelque subtilité et un peu d'arbitraire, une différence entre deux classes de jugements : pour Tune, l'aflirmation serait toujours fausse; pour l'autre, toujours vraie; leur « si'ireté objective » a pour mesure, dans l'une la « probabilité », dans l'autre r " exactitude » [Tonps., I, p. 22 et s.; v. M. Foucault, l. c, p. 252-9). En réalité, il ne peut y avoir qu'une différence de degrés entre ces divers jugements; il est donc plus juste de ne voir là que des applications différentes d'une même méthode, celle des grands nombres ou des moyennes appliquée à la psycho-physique.

Cj Beilr., I, p. .36.

(') Ces résultats ne sont que des moyennes, obtenues d'après un plus ou moins grand nombre d'observations, tantôt sur un seul, tantôt sur plusieurs sujets. — Voir le détail et la discussion des expériences aux endroits suivants : (a) Tonps., II, p. 145; (b) 148; (c) 155 et s., 168 et s.; (d) A. Faist, Z. P. P. S-0., XV, p. 121; (e, f) Tonps., II, p. 378; (g)38i ; 'h) 311. Pour les dernières colonnes (e-li), v. plus loin, p. 131.

Lalo 9

LA PSYCnO-PnYSIOLOGTE MLSICALE Degrés de fusion des sons.

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