‹ Esquisse d'une esthétique musicale scientifique (volume 2)Chapitre 51 sur 107 · IV. RùIh du sens masculaire dans le k chant inlërieui · texte numérisé non relu

IV. RùIh du sens masculaire dans le k chant inlërieui

Ces pro<'essus étant de nature psychologique ne se rapportent à aucune mesure mathématique connue plutôt qu'à une autre. Stumpf va même plus loin et soupçonne, dans ces données élémentaires de l'art, de curieuses variations d'origine sociologique!*). Ce n'est pas nous qui lui donnerons tort sur ce point. Mais peut-être entre l'harmonie et la mélodie l'élément différenl\e\ est-il quelque chose de plus fondamental qu'une nuance affective : c'est une différence dans le mécanisme psychologique 4a la mesure des sons.

Cette idée a paru scandaleuse. L'école d'ITelmhoUz surtout proteste qu'il ne peut y avoir qu'un seul processus dans toutes les variétés de l'audition. Mais celte affirmation est gratuite. Toutes les analogies sont contre elle : la fusion de deux couleurs par exemple ne produit nullement le même résultat que leur juxtaposition {'). Les recherches des psychologues modernes sur la comparaison et la reconnaissance permettent de conclure que, de façon générale, ces deux opérations ne supposent pas l'évocation

(') /6,. p. 114, 151, V. Tonps., I, p. 176. Un seul des sujets ne put parvenir à se passer de ceUe inversion. « La quinte descendante a quelque chose de peu naturel », dit l'un. Nous savons qu'un Grec ancien eût au contraire trouvé plus « naturel » de retourner les intervalles ascendants. 11 faut se garder de donner une valeur absolue dans l'individu h un fait qui peut être modifié par des facteurs d'ordre social. La difficulté, c'est de distinguer les faits psychologiques et les faits sociologiques proprement dits.

{^) Cornu et Mercadier ont obtenu des tierces majeures et mélodiques que Ions les observateurs de Stumpf et Meyer jugent trop hautes. « On voit par là que, malgré tout, de fortes différences individuelles (ou nationales, ou de tradition locale ?) peuvent se produire « [Beilr., II, p. 138).

('; « Il y a même lieu de sétonner que les intervalles d'octave, de quinte et de quarte satisfassent à celle double condition » [d'être identiques sous leur deux formesl (Cornu et Mercadier, /. c, 1809, I, p. 426).

Page 1