IV. Eléments psycho-physiologiques
L'oreille est le produit d'une lente différenciation de notre sensibilité cœnesthésique. Elle est l'organe tactile spécialisé dans la perception des ébranlements, c'est-à-dire des variations périodiques de la pression dans le milieu où sont plongées ses terminaisons nerveuses.
L'oreille humaine perçoit dans ces ébranlements leur force, liée à l'amplitude des vibrations; leur acuité, liée à la rapidité ou la périodicité des mouvements; leur qualité proprement dite, liée à la forme de l'ébranlement, plus ou moins régulière et surtout simple ou complexe (?). Telles sont les qualités du son : intensité, hauteur, timbre.
Il est évident que rien de qualitatif ne peut être prévu et défini par les théories abstraites et numériques : elles ignorent nécessairement les données physiologiques ou psychologiques; c’est pourquoi elles ne s'occupent que de celle de ces qualités qui se prête seule à la mesure pour des raisons qui ne sont pas impénétrables, mais que nous n'avons pas à examiner ici (*) : la hauteur,
La psycho-physiologie, tout en étendant le domaine de l'étude, en précise la conception, restée si profondément indéterminée dans les théories exclusivement numériques. Le « rapport simple » devient pour elle, en un sens plus concret, le rapport de deux harmoniques ou l'absence de battement; telle est du moins la position d'Helmholtz. Depuis que cette considération physique et
()} Nous avons pu nous dispenser de faire une place à part aux points de vuë intermédiaires entre la mathémalique el la physiologie (la mécanique p. ex.), parce qu'ils sont inlimement liés à celle-ci, et présupposés par elle sans contesle.
() Les animaux inférieurs (araignées, cruslacés, poissons, ele.) el certains sourds-muels inéducables ne perçoivent probablement Jes ébranlements sonores que comme mouvements mécaniques (V. P. Bonnier, L'audilion, 1901, p. 4, 14, elc.; Marage, Pourquoi cerlains souwrds-muels entendent mieux les sons graves, Acad. Sciences, Paris, 1905, IT, p. 780, elc.).
(*) La psychologie du sens musculaire nous parail y jouer un rôle prépondérant. V. plus loin part, IT, chap. LI.