‹ Esquisse d'une Esthétique Musicale ScientifiqueChapitre 24 sur 100 · ÉCLECTISME · texte numérisé non relu

ÉCLECTISME

Sa principale supériorité est de tendre, sous la pression des faits, à une souplesse toute nouvelle : il y a des « Loniques secondaires », comme des mélodies sans tonique; c'est même toute une nouvelle classe de mélodies, subsistant à côté de la forme normale ; et surtout, chaque intervalle peut avoir plusieurs expressions numériques voisines, mais différentes : ce qui permel sans doute d'exprimer les rôles très divers qu'il peut jouer dans la phrase lorsqu'il y remplit des fonctions harmoniques multiples (').

Mais précisément on peut se demander si les nombres simples en question n'ont pas pour effet plutôt de cacher que de révéler ces fonctions complexes. Nous verrons qu'elles sont des faits concrets et essentiels de la pensée musicale : la suppression de termes comme ceux de dominante ou de sous-dominante, qui les dégagent si bien, ne serait donc point un progrès, mais un grave recul de la théorie musicale.

L'expression expérimentale de la doctrine des nombres simples est, sans contredit, sa forme la plus scientifique, et elle n’est pas sans mérites. Mais ce qu'elle gagne en exactitude, elle le perd en cohésion systématique; et elle ne le regagne certainement pas comme valeur explicative, puisqu'elle n’en a pas plus, elle en a même encore moins, dans son empirisme voulu, que les déduc- Lions raisonnées d'Euler.

Page 1