LES HARMONIQUES
L Rameau et le & Principe naturel de l'harmonie ».
Persuadés qu'il faut dépasser les artifices numériques, beaucoup de théoriciens ont voulu attribuer à la musique, selon le mot du xvire siècle, un « principe naturel » : c'est-à-dire un fondement auquel on puisse assigner une double existence, objeclive et subjective, dans les corps sonores extérieurs et dans nos organes auditifs.
La sensation est la conscience que nous prenons d'une impression d'origine extérieure. L'esprit est aussi passif que possible dans cette opération. Elle est donc le fait qui réalise Ja double condilion cherchée, et se prête à une observation objective et scientifique : c'est d'elle seule, dégagée de toute construction surajoutée par l'activité de notre esprit, qu'il importe de tirer toute la science de la musique, pour qu'elle soit réellement fondée dans la nature des choses. Tel est le principe.
D'autre part, les faits extérieurs dont il s'agit, ce sont essentiellement les harmoniques. Le lien entre ces faits extérieurs et les états de conscience s'établit par une série de suppositions ou de postulals psycho-physiologiques. Ces postulats s'imposent si naturellement au réalisme vulgaire, que le premier mouvement n'a pas été de s’en passer, mais de les poser; et qu'il a fallu tous les progrès de la psychologie indépendante pour que l'idée de construire la théorie musicale sans eux püût être soulenue par quelques psychologues contemporains.
Le développement historique de cette doctrine est instructif.
Mersenne avait déjà clairement, mais sans insister, indiqué celle hypothèse; et même c'est sous ses trois formes, physique, physiologique et psychologique, qu'il pose déjà l'existence des harmo-