I. Conception et méthode d’une élude de la fusion (Stumpf
Nous ignorons l'essentiel des faits physiologiques. Mais les connaitrions-nous jusque dans leur détail chimique et dans leur mécanisme moléculaire, cela ne nous permettrait que deux choses : unifier les faits de plus haut, et expliquer leurs exceptions et leurs limiles, que nous constatons sans les expliquer. Mais cette prétendue « réduction » du psychique au physique n’ajouterail rien à notre connaissance du fait psychologique de la consonance comme {el : il est en lui-même et tout entier connaissable, Ne nous laissons donc pas davantage égarer par des recherches vaines : ce serait lâcher la proie pour l'ombre. — Ainsi s'élablissent des théories moins ambilieuses mais moins incertaines : plus exclusivement psychologiques et plus près des faits. « Entre le Scylla de la numération inconsciente et le Charybde de la pure sensalion, la perception consciente lient le milieu » (*).
Stumpf a étudié, avec profondeur, le plus important de ces faits psycho-physiologiques : la fusion des sons. Il y voit l'essentiel du double phénomène conslilutif de toute la musique : la consonance et la dissonance (?).
Il y a des représentations qui sont inséparables, et, en ce sens, forment forcément un Lout. Ainsi il n’y à pas perceplion d'une qualité ou hauteur de son sans la perception simultanée d'une intensité quelconque. Il y à d'autres perceptions parfaitement séparables, qui ne forment un tout que lorsqu'elles se trouvent
() C. Stumpf, Musikps. in England, Viertelj. f. Musikwiss., 1885, p. 348 (Nous définirons un peu différemment la perceplion). Beilräge zur Akuslik und Musikwissenchaft, 1, 1898, p. 94.
(?) Gelle conceplion, qui date chez lui de {S80, est surloul nelle dans les Beilräge zur Akustik und Musikwissenschaft, 1, 1898 (Konsonanz und Dissonan:).
simullanément dans la conscience, comme celle de deux sons dans un accord. En ce nouveau sens, elles fusionnent. Le nom de fusion sera réservé à ce genre de {out dans la perceplion : sont dites fusionner toutes les représentations qui sont les parties d'un tout de perception (!).
Le problème de la fusion se rattache donc au problème général de l'analyse des sensalions : question elle-même fondamentale dans loute la psychologie, comme l'a bien montré W. James (?).
Distinguons d'abord cette fusion de ce qui n'est pas elle.
Elle n'a évidemment rien de commun avec l'analyse physique, c'est-à-dire la décomposition objective des sons par le dénombrement plus où moins direct de leurs vibrations.
Elle n'a rien à voir avec ce qu'on appelle « l'unité de la conscience » : quoi qu'on puisse penser des degrés ou du caractère absolu de cette unité, elle est évidemment la même pour la perceplion des sons 2/1 que par celle des sons 5/4 (*).
Elle est indépendante de l'attention : que celle-ci renforce ou seulement éclaire les représentions, elle n'en crée ni n'en modifie la fusion proprement dite (*).
(t) C’est à peu près la ui£ts ou la xoäots d’Arislole (p. ex. De sensu, chap. VII), ou encore la Vermischung ou Verschmelzung de E. H. Weber (Tonps., Il, p. 69). — Aristote en avait déjà présenté une analyse approfondie : au sens strict, la uïéus est une combinaison chimique où les éléments ne se reconnaissent plus; la xoäots est un simple mélange physique où les éléments ne sont pas altérés (selon la catégorie de l'&Aotws1). Ge sont l'espèce el le genre. Le phénomène fondamental, pour Aristole qui n'admel pas d'éléments alomiques indivisibles, est nécessairement la combinaison. Mais le plus souvent les deux termes sont opposés indivisément à la cuvec:c. V. Bonilz, Index Aristotelicus, à ces mots.
(?) E. Buch reproche à l'école de Slumpf d'identifier fusion el simplicilé, el de n'éludier que celle-ci. « Le jugement de simplicilé ou de mulliplicilé d’une impression sonore peul se produire soil au moyen de l'analyse, soil aussi par l'impression d'ensemble seule, qui suffil à le déterminer, el c'est même le cas le plus fréquent lorsque rien n'exige expressément un autre résullal » (4. c., p. 273). Malheureusement il ne dispose, pour exclure l’analyse, que de deux moyens manifestement insuffisants : il demande aux sujels de ne pas chercher à entendre chaque son pour soi, mais seulement l'impression d'ensemble; et il réduil la durée des sons à 3 secondes (£. c., p. 215). Dans ces condilions, les varialions individuelles sont considérables, et seules l’oclave el la douzième sont nellement plus fusionnées que les autres intervalles (2. c., p.259 ets. ; 266).
(8) 16., p. 6, 185 et s.; Beitr., I, p. 43. C'est par la nalure simple de l'âme qu'Herbart juslifiail une théorie, d’ailleurs erronée, de la fusion. V. Hauplpuncte der Melaphysik, $ 13; Psychologie als Wissenscha/ft, T, p. 197 el s.; Psychologische Bemerkungen sur Tonlehre, 1811. -
DRE AD en Tops SLIDE ESS DA 2IORe ES ENTMe er avee Lipps, combat la théorie : faire reconnailre n’est pas renforcer (Z. P. P.S-0., 1899, XX, p. 32). Lipps eslime que lallention diminue la fusion, contrairement à
Le « manque de distinction » est encore autre chose qu'elle: « car il y a consonance là aussi, ou plutôt elle n'existe que là où les deux sons sont distinctement reconnus comme deux » (').
L'analyse elle-même comprend chez les musiciens plusieurs opérations secondaires qui en sont tout à fait séparables : la « suraudilion » d'un son parmiles autres, opéralion plus complexe, familière à ceux qui savent suivre une « voix » perdue dans un chœur ou un orchestre : sorte de relief auditif (?) ; la connaissance du nom de chaque parlie séparée, de chaque note, qui suppose une mémoire de la hauteur absolue et des mots, qui est rare même chez les musiciens; enfin la possibilité de reproduire par la voix les parties analysées par l'oreille : ceux mêmes qui font le mieux l'analyse n'ont pas forcément la voix juste. Si nous voulons bien oublier encore les multiples métaphores spaliales que les analogies de l'expérience semblent nous imposer, et aussi prendre la fusion pour un rapport donné, el non pour la plus ou moins grande rapidité d'un processus d'unification dans la conscience, nous aurons écarté la plupart des notions parasites qui seraient une cause de trouble dans la conceplion de ce fait (Ph
Somme toule nous devrons définir la fusion en général « ce rapport de deux contenus, spécialement de deux contenus sensoriels, en vertu duquel ils ne forment pas une simple somme, mais un tout. Il résulte de ce rapport que plus ses degrés s'élèvent, plus l'impression lolale se rapproche, toules choses égales d'ailleurs, de celle d'une seule et unique sensation, et que l'analyse en
une des «lois » de Stumpf (7b., XIX, p. 9, 15). C'est pourquoi diverses circonslances comme l'intérêt pralique, la fréquence ou la rapidité des excilalions successives, elc., limilent en fail ce pouvoir d'analyse, el, pour la même raison, le font différemment pour chaque sens : c'est la vue qui est le plus analytique, le goût, l'odorat et le toucher qui le sont le moins (E. Buch, Ueber die « Verschmelzung » von Empfindungen, Philos. St., XV, 1900, p. 58 el s., 65). V. H. Cornelius, p. suiv.
(*) Beilr., T, p. 43. « La consonance est un des facteurs qui peuvent avoir pour effel le manque de dislinclion... Mais à côlé de ce l'acteur il y en a encore beaucoup d’autres, comme les défaillances de l’altenlion, le rapport des inlensités, la durée des sons, l’audilion des deux sons d’un même côlé ou de deux, ele. » (1bid.). P,ex., les deux sons d’une lierce, quand l'un faiblit, sont mieux dislingués; mais ils n'acquerront jamais le degré de fusion de l'octave (1bid., p. 44).
() Heraushôren; . Tonps., Il, p. 6, ete. — L'analyse au sens strict est la perceplion d’une mulliplicilé comme elle, en ce qu'elle a de propre. La suraudilion est un cas parliculier de la perception d'une parlie, en ce qui lui est propre, comme membre d'une mulliplicilé. P. ex., dans une mélodie chaque son acluel est saisi à la lois en lui-même el dans son rapport avec ceux qui précèdent et suivent, ou accompagnenl.
(%) Tonps., I, p. 305 et s.; IL, p. 8 (v. Beilr., II, 1898, p.154); p.129.
devient de plus en plus difficile. Ces conséquences peuvent servir à définir la fusion » (!).
Le problème de la fusion des sons est une question de fait au sens strict de ces mots : la réalilé de ce phénomène se prouve en écoutant, comme celle du mouvement en marchant : « Solvilur audiendo ». Elle est un rapport aussi indéfinissable en lui-même qu'une représentalion simple, comme celle du bleu, que l'on peut seulement sentir; à moins qu'on ne veuille le classer dans une théorie générale des rapports, ce qui est légitime (?).
On ne peut aller plus avant dans celle définition que par des hypothèses. Trois seulement sont possibles.
Selon l'hypothèse de la rivalité, dans la fusion l'analyse consisterait à porter l'altenlion tour à lour et très rapidement de l'un à l'autre des sons simultanés que l’on considère. Bien qu'indiquée déjà, semble-t-il, par Aristote, celle supposition toute gratuite n'est guère proposée que pour épuiser tous les cas possibles (?).
Selon l'hypothèse de la pluralité, c'est l'audition de chaque son
(') Tonps., Il, p. 128. La fusion est « l'imperfeclion de l’analyse »; non sa « difficullé », qui peul venir du manque d’allention p. ex.; mais une fois faile, l'analyse est forcément plus ou moins parfaile (Lipps, Philos. Monalshefle, XXVIIE, p. 569). Stumpf accepte celle définilion (Beilr., I, p. 45 n.).
(@) Tonps., p. 130; Beilr., T, p. 44. — Cilons la conceplion générale de Wundt, analogue mais non identique à celle de Slumpf. Il y a trois formes de l' « associalion simullanée » (Simullan-Association) : assimilalion (inlerprélalion des dislances par des souvenirs; illusions en général); complicalion (union des sensations de divers sens : couleur suggérant la durelé, ele.); fusion (intensive entre sensalions du même sens, exlensive enlre divers sens) dans laquelle « dans le complexus des sensalions unies entre elles, une seule, et c’est en général la plus forte, prend sur loutes les autres le dessus, de telle sorle que celles-ci ne jouent plus que le rôle d'éléments modificateurs, dont les propriélés particulières disparaissent dans la fusion résullante,.… sans que celle disparilion puisse être attribuée au manque de force de ces éléments » (Grundzüge der physiologischen Psychologie, Leipzig, 4e éd., 1893, IE, p. 437 el s.). Wundt revient pourlant parfois à la conception de Stumpf (16., p. 71, à propos du loucher).
(8) Tonps., IL, p. 15, 31 el s. — Aristole, £. c:, chap. VIT, p. 448, a 19; v. encore l'hypothèse de Mengoli (J.-J: Rousseau, Dicl. mus., art. Son). — Conformément à la conceplion générale de l'analyse psychologique vulgarisée en un sens à la fois empirique et myslique par W. James en Amérique, et H. Bergson en France, H. Cornelius a réhabililé celle théorie en montrant que l'hypothèse de l'unité, bien comprise, la présuppose : nous n'inlerprélons un élat de conscience (par luimème indivisible), comme une mulliplicilé, que lorsque des expériences anlérieures nous permettent de conclure de quelle façon celle impression d'ensemble varierait quand nous modifierions le processus de l’allention que nous dirigeons sur elle (Ueber Verschmelzung und Analyse, Viertelj. f. wissenschafllisehe Philos., 1892, p. 427). Celle synthèse de l'unité el de la rivalité vaut même pour la fusion des impressions visuelles, el pour loules ses autres formes (/6., 1893, p. 40).
séparé qui est fondamentale, et leur fusion ne se produit qu'après coup, par une habitude acquise de grouper certaines analogies de processus. Ainsi lorsque nous lisons une phrase, chaque mot nous apparait comme un tout, une synthèse indécomposable ; pourtant nous avons commencé autrefois par épeler chaque lettre séparément. De même pour les accords, syllabes de la langue musicale : l'art harmonique avec son unité d'apparence serait fondé sur une véritable illusion. Cette hypothèse semble avoir pour elle le témoignage des musiciens, qui décomposent sans peine les accords (*).
En revanche l'hypothèse de l’unité s'appuie sur le témoignage des non-musiciens, qui entendent ordinairement les accords comme un tout, sans savoir le décomposer. L'analyse serait donc une décomposition arlificielle ou imaginative d'un tout primitif, rendue possible par les expériences mullipliées qui en ont montré chaque parlie tour à tour à l'état d'isolement. Ce processus est fréquent dans toutes les formes de la perceplion; s'il ne se présente pas dans celle des couleurs, c'est sans doute parce que la même nuance peut loujours être composée de plusieurs façons. de sorte que les résultats de l'analyse n’en sont jamais concordants. Mais le cas est tout autre pour les sons (?).
L'hypothèse de l'unité peut être suggérée soit par l'empirisme de Condillac ; soit parle spiritualisme d'Herbart, qui abuse du principe de l'unité de l'âme; soit enfin par les lois générales de l'évolution naturelle, dont l'application au développement psychologique exigerait normalement un passage”"du confus au distinct et non l'inverse (?).
Mais toules ces suggestions cèdent devant les faits : les musiciens analysent sans hésiter des sons qu'ils n'avaient jamais entendus, par exemple les harmoniques d'instruments nouveaux pour eux : sons simples en dehors de l'expérience musicale normale ; même des psychologues non musiciens, mais habitués à l'observalion intérieure, n'ont pas de peine à distinguer les sons partiels (®).
Reste l'hypothèse de la pluralité. Stumpf l'admet, bien qu'on puisse lui faire des objections sérieuses.
()Tonps., Il p.413.
(°) Tonps., Il, p. 14. « L'analyse ainsi conçue n’est pas à proprement parier une exlra-audilion (Heraushôren) mais une intra-audition (Hineinhôren), plus exaclement encore une intra-imaginalion (Hineinphantasieren), une inlériorisalion par la pensée (Hinrindenken), fondée sur des expériences » (1b.).
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D'abord l'analyse de deux sons simullanés est sans contredit beaucoup plus difficile que celle de deux sons successifs, ce que l'hypothèse ne permet pas d'expliquer ('); alors que pour la mesure des distances, c'est la superposilion qui est beaucoup plus sûre, Mais il n'y a rien d'élonnant à ce que l'exercice de deux aclivités simultanées ait une influence perturbatrice, qui disparait dans la succession. E.-H. Weber à montré qu'on apprécie mieux deux poids en les soulevant successivement que simultanément. Cerlains psychologues vont même jusqu'à proposer comme une loi universelle ce fait que la distinetion du successif est plus facile que celle du simultané (?). On se lrouve ici en présence d'une énigme. Stumpfne prétend pas la résoudre de facon satisfaisante, mais seulement la formuler plus exactement sur ce point particulier.
Une deuxième difficullé, c'est que pour expliquer la perception de celle diversilé simultanée, il faut admeltre une propriété de l'ouïe sans analogue dans les autres sens : la faculté de distinguer une mulliplicilé purement qualilalive, sans avoir besoin de l'extérioriser pour cela en divers points, comme c’est le cas pour les autres sens, dans le domaine desquels une multiplicité n'est représentable que comme conliguité dans l’espace ou succession dans le Lemps. Ce n’est après Lout qu'une de plus parmi les nombreuses différences que l’on constale entre les sensations, sans les
expliquer (?).
() 1b., I, p. 229. Le rapprochement des sons successifs facilile quelque peu la perceplion des différences de hauteur. (Toulelois deux sons sont presque aussi bien identifiés après une minule qu'après une seconde d'intervalle : F. Angell, Discrimination of clangs for different inlervals of lime. Amer. journ. of Psychol., 1900, XII, p. 58 et s.). Mais la simullanéilé complète introduit au contraire des éléments de trouble dans l'analyse, puisqu'elle en devient plus difficile et moins sûre (Tonps., Il, p. 22).
() 16., IE, p. 60 s. (P. ex. Hôffding, Philos. Monatshefle, 1888, p. 427). V. E. Buch, 16, p 184.
(3) 1b., IT, p. 22, 43 et s. Slumpf n'hésite pas à accepler l'idée d'un « espace sonore »; l’appellera-t-on « étendue »? le nom est secondaire; c'est un « moment » immanent à ces sensalions, une « quasi-localisalion », une « qualilé quasi-spatiale », et non pas seulement une associalion exlrinsèque des images (p. 50-60; v. Münsterberg, Bourdon, Rev. Philos., 1890, IT, p 192; Wundi, £. e., If, p. 67). Stumpf rappelle les conceptions plus où moins analogues de W. James, et d’Aristote pour lequel la quantité est un « sensible commun ». Nous avons vu que les Anciens ont parfois allribué les lrois dimensions au son, comme fail Porphyre, p. ex. — V. Mach, Beilräge zur Analyse der Empfindungen, 1856, p:122 et s.; Ward, Encyclopædia Brilannica, art. Psychology : « exlensily », p. 46, 53. Sur la symbolique spatiale des sons hauts et bas, v. Tonps., [, $ 11, p. 189-225,
On peut donc admettre une pluralilé primitive et fondamentale des sensations sonores simultanées.
L'idée de degrés est essentielle à la notion de fusion, puisqu'elle peut servir à sa définition. Ces varialions sont soumises à des lois et conditions qu'il faut établir par une méthode appropriée.
L'observation de sa propre impression par un musicien accoutumé «à juger les sons » ne saurait manquer de donner des résullals sérieux et concordants, malgré les différences indivividuelles inévitables, Mais il faudra pour cela que cet observateur exercé sache ou puisse faire abstraction de loule connaissance sur la parenté des sons, la signification musicale et harmonique des intervalles, leur caractère agréable ou désagréable, elc. : aulant de facteurs de trouble dans ce jugement, puisqu'ils ne concordent pas exactement avec la fusion (").
Il est plus sûr de s'adresser aux sujels chez lesquels ce grave danger de confusion est de lui-même écarté, c'est-à-dire qui ne risquent pas de confondre le phénomène psychologique de la fusion avec d’autres phénomènes en lui donnant son vrai sens musical, par la bonne raison qu'ils ne le connaissent pas : ce sont les profanes, les « non-musiciens » (?).
Stumpf ne recule pas devant ce paradoxe : établir le sens et les lois du phénomène constitulif de toute la musique — par l'observalion des non-musiciens. Il voit, au contraire, dans l'usage de cette méthode un signe d'objeclivité, garanti par les emplois analogues faits par la psychologie expérimentale : par exemple, pour la psychologie des enfants, ce n’est pas leur observation sur soimême, c'est notre observation sur eux qui est invoquée; de même pour les non-musiciens : ce n’est pas comme sujets, c'est comme objets que nous devons les prendre (*).
(t) Tonps., IT, p. 141. Sur les condilions de la « confiance » mérilée par ces jugements, c'est-à-dire de leur cerlilude ou sûrelé (Zuverlässigkeil) objective ou subjeclive, v.4b., I, SS 2,3; — 7, 12. 14, 15; II, S 23, etc.
(@) M. Meyer a prélendu que les jugements des non-musiciens se fondent sur d'aulres processus que ceux des musiciens : p. ex. sur les harmoniques el sons résullants. Mais en variant de loules façons les expériences, il n'a pas oblenu de résullals sérieux el concordants (Ueber Tonverschmelzung und die Theorie der Consonanz, Z. P. P. S-0., 1899, X VIT, p. 402). Slumpf maintient qu'il n'y a entre les deux jugements qu'une différence de degrés el non de nature, basée surlout sur la plus où moins grande facililé de diviser l'allention (Tonps., Il, p. 345), et que même les degrés extrêmes sont les plus rares (Die Unmusikalischen und die Tonverschmelzung, ib., p. 412, 424). — Nous verrons que la différence entre le sens musical de la consunance el le sens psychologique de la fusion est encore plus grande que ces psychologues ne le supposent.
(*) Stumpf, Beitr., [, p.38; Tonps, Il, p. 142. Cependant il en revient nécessai-