‹ Esquisse d'une Esthétique Musicale ScientifiqueChapitre 82 sur 100 · DAT · texte numérisé non relu

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sion habituelle, des exemples d'attraction ('); ils la poussent même parfois jusqu'à la continuité de fragments de l'échelle sonore. Mais c'est dans la Grèce ancienne que ce procédé triomphe. Cette extrême sublilité de la lechnique y fut prisée très longtemps, semble-t-il, sous la forme des nuances. Sous le nom de genre enharmonique elle caractérise exclusivement l'âge romantique des Grecs. Ils y ont vu « l'harmonie par excellence », et en tout cas un genre qui va de pair avec les deux autres, le diatonique et le chromatique, si même il ne leur est pas supérieur: nullement une institution d'origine barbare, comme certains modernes l'ont cru; mais au contraire éminemment nationale (?). Les mesures quintessenciées que propose chaque théoricien n'ont ici aucune importance : l’enharmonie grecque n'est réellement qu'un emploi, fort exagéré selon notre goût moderne, du fait psychologique de l'attraction : elle peut créer, autour de points fixes, des intervalles minimes, dont l'essence est précisément d'être mal fixés, de tendre à se résoudre par un mouvement continu sur ce repère fixe au point de s’en rapprocher jusqu'au demi, au tiers ou au quart de ton (*). En Grèce, la consonance usilée élant

(*) Sur ce point, l’élude des instruments à sons fixes, abondants dans les musées d’ethnographie, a été généralisée par J. Ellis (On {he musical scales of various nations, Journal soc. of Arts, 1885; v. pour quelques corrections, Viertelj. f, Musikw., 1889). Très supérieure à l’élude des lhéories, si souvent artificielles et arbilraires, cetle mélhode donne pourlant des mécomples : les conslrucleurs d'instruments primilifs usent eux-mêmes souvent d’arlilices étrangers à l’art: les superslilions numériques, plus ou moins religieuses où magiques; l'équidistance des nœuds du bambou, qui facilite la mesure; voire même l'aspect plus ou moins décoralif oblenu (ancien Pérou, Mexique, Kin chinois, ele.). De là des intervalles élranges, que la voix n’a sans doule jamais pu praliquer. L'élude de l’enregistrement phonographique est très supérieure; elle lémoigne du peu de fixilé de ces intervalles, malgré les héories lLrop abslrailes qu'on en donne parfois.

(?) I ne suffil donc pas d'invoquer une importalion passagère des « glissades » prélendues endémiques dans la musique orientale (V. Plutarque, De La mus., 6d. Th. Reinach, Intr., p. xv: n.104). D'abord, comment celle-ci n'évoluerait-elle pas elle aussi? Le peu que nous savons de son histoire semble montrer une origine relalivement récente de ses sublililés actuelles. Ensuite, les Lhéoriciens grecs, en général conservaleurs el nalionalisles, mais recourant volonliers aux étrangers dans les questions d'origines, n’allribuent la forme développée de l’enharmonie qu'à des successeurs grecs d'Olympe, el considèrent le genre comme | « harmonie » par excellence; c'est même pour lui spécialement que l'ul créée la nolalion. — Les principales nuances des genres grecs sont : le dialonique lendu, pylhagoricien, moyen, amolli; le chromatique tendu, moyen, amolli ; l'exharmonique sans nuances, élant lui-même lout entier nuances.

() La délinilion qu'Aristoxène donne de la Diesis enharmonique où quart de ton, n'est qu'approchée : « Il n'y a pas, dil-il, de plus pelit intervalle que la voix puisse enlonner sûrement et que l'oreille puisse apprécier » (Harm., p. 14;

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