‹ Esquisse d'une grammaire de la langue innok [microforme]Chapitre 11 sur 12 · ran. — -aren. — -irkin · texte numérisé non relu

ran. — -aren. — -irkin

3 — -rk. — -4. — “ik.

D. 1. — -rpuk. — -arpuk. — -àgné.

2 — -rtik. — -arlik. — -égné.

3 — -k. — -ark. — -iak.

P. 1. — -rput. — -urpul. — -agné. 2 — -rü, — -arü. — -igné.

3 — 1. — Al. — lat.

Ce qui frappe dans le premier paradigme, c’est que ses affixes personnels tendent à se rapprocher de la forme des affixes possessifs. Cet air de famille devient une ressemblance entière dans le deuxième paradigme, qui est un genre de combinaison objective. Il y aurait donc en innok deux séries de verbes : les uns en o, se conjuguant à l’aide des affixes personnels proprement dits ; les autres à désinence thématique arbitraire, se suffixant purement et simplement les désinences possessives. Allant plus loin, on serait tenté d'admettre que les verbes en o sont les seuls véritables, et que les autres sont de simples thèmes nominaux augmentés des affixes possessifs et prenant accidentellement un sens verbal. Si, en effet, par exemple, kaÿunara signifie « ma pensée », il est bien aisé de lui faire signifier « je pense », ne füt-ce qu’au moyen d’un tour elliptique que l'esprit imagine spontanémeni, « ma pensée (est que) », et alors ce nom affectera l'apparence d’un verbe conjugué à l’aide des affixes possessifs. C’est un procédé linguistique commun à beaucoup de langues agglutinantes ; plusieurs n’en connaissent pas d’autre, les affixes de conjugaison s’y confondant avec les possessifs, et il serait étonnant qu’il manquât à l’innok.

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Quant à la conjugaison akitilik, je dois, dans l’état présent de nos connaissances morphologiques, renoncer à l'analyser, tant elle paraît anormale.

Tel est le tableau de la conjugaison innok. S'il fortifie ou s’il infirme mon hypothèse, que tout véritable thème indicatif de verbe a pour caractéristique la voyelle o fu), je le laisse au lecteur à juger. Quant aux affixes personnels de l’interrogatif et de l'impératif, on les a vus dans le paragraphe précédent, et ils n’offrent point de difficulté sérieuse.

$ 8. — Conjugaisons objectives.

La conjugaison objective a atteint en innok un incomparab'e degré de développement ; elle y est plus riche qu’en aucune langue ouralo-altaique à ma connaissance ; car toutes les relations personnelles de sujet à objet peuvent s’incorporer au verbe, je te..., je le..., tu me.., tu le.…., il me..., il te... en tout six formes objectives, indépendamment de la conjugaison réfléchie, dont il sera question plus loin. Et comme dans chaque forme, soit le pronom-sujet, soit le pronom-objet, peut se présenter au singulier, au duel ou au pluriel, ce serait un total formidable de cinquante-quatre combinaisons objectives. Toutefois, il faut croire que les formes duales du pronomobjet qui, sans aucun doute, devaient exister primitivement, sont tombées en désuétude ou se sont confondues avec les formes corrélatives du pluriel, car le P. Petitot n'en donne aucune ; et, bien qu'il m’eût été aisé de les suppléer par l’analyse, je n’ai pas cru pouvoir m’en arroger le droit; autrement dit, représentant par S, D,

Ent Donc De on

P le nombre du pronom-sujet, par S’, D’, P’ le nombre du pronom-objet, les trois combinaisons S D’, DD’, P D manqueront dans la nomenclature qui va suivre.

40 Je te pare. 2° Je le pare. 30 Tu me pares, S S’ éavarkré-yugin. tavarkré-yagara. tavarkré-yarma. SP — -yauté. — -yagarat. — -yarkut. DS — -yarvugin. — -yaagné. — -yarlea.

DP — -yolikté. — -yalivuk. — -yorliqut.

PS — -yavugin. — . pe — yarièa.

PP’ — -yovuéé. — -yativut. — yoräpul.

40 Tu le pares. 50 Il me pare. 6° Il te pare. S S’ éavarkré-yarkin. tavarkré-yaña. éavarkré-yalin. SP? — -yatin. — -yarut. — -yaié.

DS” — -yaigné. — -yaka. — -yakin.

DE — -yatitik. — -yoakput. — -yakié.

| -yainé. Fe

PS — paré, — -yala. — -yadlin.

PP — -yatià. — -yoaligut.. — -yoaéé.

Le procédé morphologique est aisément saisissable, surtout dans les deux derniers paradigmes. L'indice £u temps y demeure dans toutes les combinaisons ; l'indice modal, au contraire, disparaît la plupart du temps, se fondant dans la désinence personnelle ; celle-ci se compose, en premier lieu, du pronom-sujet, affecté, s’il y a lieu, de Pindice dual ou plural, puis du pronom-objet ; cete agglutination des deux pronoms ne s'effectue pas d’ailleurs sans un certain emboîtement, qui les déforme plus ou moins, surtout le premier. V. g.: il..., yoark ; il me... yä-ña, 1 te... ya-lin; eux deux..., yoark; eux deux me.…, yak-a ; eux deux te..., yak-in. Il n’y a pas

un article de ces paradigmes, sauf les quelques formes

irrégulières en né, qui ne puisse, en tenant compte de

"90 — l'emboîtement, et peut-être aussi parfois de l'insertion d’une gutturale épenthétique, s’analyser de cette manière : thème + indice temporal + sujet + objet.

Dans la conjugaison réfléchie le phénomène d’emboîtement est encore bién plus accentué : le pronom-sujet et le pronom-objet, étant identiques, se fondent l’un dans l'autre jusqu’à ne former qu’un seul affixe, en sorte que la forme réfléchie difière très-peu de la forme non réfléchie et doit même, dans certains cas, se confondre entièrement avec elle. Il est facile d'établir la comparaison. |

S. 1. cavarkré-yôa, je pare. cavarkré-yoa-mé, je me pare.

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