‹ Esquisse d'une grammaire de la langue innok [microforme]Chapitre 6 sur 12 · A TE DT PE GR ND M D RE ER DR · texte numérisé non relu

A TE DT PE GR ND M D RE ER DR

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tions secondaires en rk, qui remplissent à volonté la fonction de substantif et de troisième personne du singulier du verbe : caviliortoark, forgeron, ii forge ; 2/kralèrkréyoark, pêcheur, il pêche, etc. Une donnée aussi hypo- Âhétique ne saurait comporter un plus long développement, mais l’étude morphologique qui va suivre tendra peut-être à la corroborer.

$ 2. — Affixes numéraux.

L'indice invariable du duel est k; celui du pluriel est {. On observera, comme un exemple curieux de logique du langage, que la désinence du nom du nombre À est celle d’un nominatif singulier fataoëirkr), que celle du nombre 2 est À {aypak, ma:lürok), et que tous les autres noms de nombre se terminent en 4.

Le terme qui signifie « plusieurs, un grand nombre », est wwit. Le { plural provient-il d’une agglutination contractée du thème singulier avec ce mot (1)? ou celui-ci n'est-il lui-même que la forme plurielle d’un thème singuier disparu? C’est ce que, pour cause, je m’abstiendrai de décider.

Si les affixes k et { sont absolument invariables comme indices des nombres, il n’en est pas ainsi de la manière dont ils s’agglutinent au thème : les pluriels et les duels revêtent les formes les plus diverses et les plus désespérantes pour qui chercherait à les ramener à un type unique. Tantôt les indices se suflixent purement et simplement au thème du nom: nuna, terre, nuna-k, nuna-t ;

(1) En sorte que, par exemple, ublu-t, les jours, serait une composition emboîtante pour ublu-uwit.

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érrè-rk, montagne, érrè-k, érrè-t. Tantôt ils empruntent le secours d’une voyelle euphonique, devant laquelle la voyelle finale du thème peut subsister, se modifier ou même disparaître : arnè, femme, arné-ik, arné-it ; ciglèrk (nom de leur tribu), plur. cigl-it. Parfois la gutturalisation rk, qui nous a semblé être l'indice du nominatif singulier, se maintient au pluriel en tout ou en partie, et tout une syllabe épenthétique vient se placer entre elle et l’affixe du nombre: iglè-rk, lit, iglè-rk-li-k. Enfin, quand le thème singulier se termine par une gutturale, celle-ci peut s’affaiblir ou se renforcer suivant le cycle de permutations qui a été étabh dans la phonétique. On se perd dans un labyrinthe d’anomalies.

Pourtant, lorsqu'on sera parvenu, par la comparaison du tchiglerk avec les autres dialectes innoit, à isoler avec certitude les thômes primaires de leurs affixes nominaux, on découvrira probablement que ces nombreuses irrégularités sont dues à des intercalations euphoniques, dont il sera dès lors possible de trouver la loi.

$ 3. — Affives de relahion.

L’innok est une langue puissamment agglutinante, et toutes les relations qui affectent le nom y sont exprimées par des postpositions, dont l’énumération serait. inutile et fastidieuse. [l suffira de faire connaître ici les plus usuelles, c’est-à-dire celles qui correspondent aux relations casuelles des langues flexives.

40 La relation active (cas nominatif) a pour indice, on l’a vu, une désinence gutturale; mais cette règle n’est pas absolue, puisque 10mbre de thèmes bruts jouent le rôte

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ET à de noms. En ce cas, le sujet de la proposition se distingue par un procédé qui ne relève que de la syntaxe : il précède toujours le verbe.

20 La relation passive (accusatif) a pour caractéristique la syllabe mik, mnik, suffixée au thème, soit directement, soit par l'intermédiaire de voyelles ou consonnes euphoniques. V. g. sing. nuna, terre, nuna-mik ; duel nuna-k, nunä-à-mik, par’ affaihlissement du k en à; plur. nuna-t, nuna-g-mik, forme où la permutation de la dentale en gutturale me paraît inexplicable. Au reste, les formes plurielles sont presque toutes fort irrégulières ; !es formes duelles s'expliquent au contraire très-aisément par la permutation de k en #, qui se produit à tous les cas, sauf au génitif.

3° La relation possessive (génitif) s'exprime par une double suffixation : l’une au nom du possesseur, l’autre à celui de l’objet possédé. C’est un procédé fort simple, que connaissent aussi les langues ouralo-altaïques ; par exemple : le lard de renne, fuktu-b orkcor-a, littéralement {uktu, renne, b (affixe), orkcor-k, graisse, a (affixe), «renne de lard sien », comme diraient aussi les Basques.

Nous retrouverons l’affixe de l’objet possédé parmi les possessifs proprement dits. Celui du possesseur, qui correspond au génitif des langues flexives, est au singulier une des quatre labiales », b, p, v, qui s’agglutine au thème pur : #una, nuna-m ; inno-k, inno-m. Au duel, le k du nominatif se renforce en r ou s’affaiblit en g, peutêtre en se fondant avec la labiale dure on douce qui vient s’y affixer: ainsi nuna-g serait pour nuna-k-m ; nuna-r pour nuna-k-p (?). Quant au génitif pluriel, il présente tant d'anomalies qu’il faut renoncer à l’analyser.

4° La relation locative a pour indice une nasale suivie

de é ou t, mé, mi, né, ni. Ces affixes se substituent les

uns aux autres suivant des règles assez arbit’aires et sans doute purement euphcniques.

Le propre de linnok, comme de toutes les langues dénuées de précision, enfantines et grossières, c’est de posséder un grand nombre d’affixes pour désigner la même relation. Il en est ainsi du locatif et des cas suivants, dont je me borne à indiquer les désinences les plus communes.

00 [llatif: nun, nut, nulu.

Go Ablatif: min, nin, méñnun.

7° Instrumental : m2k, minik.

On remarquera le rôle important que jouent les nasales dans les affixes de relation.

Je donne maintenant, à titre d'exemple, l’une des déclinaisons citées par le P. Petitot. Je me plais à croire qu'elle est une des plus irrégulières de la langue ; autrement il faudrait désespérer d’y jamais rien comprendre. |

Singüliere Duel, Pluriei, Nom. fupèrkr. tuparkr. lupkréié.

Acc. lupèrmik. tupañmik. turkil.

Gén. turkib. lupar. turket.

Loc. {upèrmé. tupäñné. lurkimné.

Il, tupèrmun. tupañnun. tupèrmun.

Abl. lupèrmin. tupañnin. tupèrmin.

Instr. tupèrminik. lupañnik. turkimnik.

Je ne chercherai pas à expliquer cette série de formes dont le disparate déconcerte toute analyse et qui semblent se rapporter successivement à des thèmes fupèr-, tupkré-, turk-. Mais, jusque dans ces permutations capricieuses, il

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y a une ombre de régularité, et peut-être parviendrionsnous à la dégager si nous possédions un nombre suffisant de paradigmes de déclinaisons que nous pussions comparer entre eux.

$ 4. — Pronoms et affires possessifs.

Il ne faut qu'énumérer les pronoms personnels, dont l'emploi est nécessairement bien restreint dans une langue riche comme l’innok en conjugaisons objectives, mais dont la connaissance est nécessaire à l’analyse de ces conjugaisons elles-mêmes.

Singulier. Duel. Pluriel.

1re personne. uvaa. uvaruk. uvarul.

2e personne. üluit. illiptik. illipä.

3e personne. uma. okkoak. okkoa.

tabioma. tapkoak. tapkca.

Toutefois ces deux derniers mots, employés pour désigner, l’un une personne présente, l’autre un absent, ne paraissent pas être des pronoms proprement dits, mais des noms usités pronominalement. Tandis, en effet, que les pronoms de la première et de la deuxième personne s’agglutinent en forme abrégée au thème verbal et sont presque toujours parfaitement reconnaissables dans la conjugaison, la caractéristique de la troisième personne est la finale rk, qui provient sans doute d’un thème démonstratif disparu, sans rapport possible avec oma.

Le duel et le pluriel des deux premiers pronoms, sans être parfaitement réguliers, n’offrent point d’anomalie choquante. Quant aux affixes de relation, ils sont les mêmes que pour les noms.

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me. 47:

Le pronom personnel devient affixe possess” en s’agglu-

tinant en forme très-abrégée, parfois même méconnais-

sable, au nom de l’objet possédé. Les noms ainsi pourvus d’affixes possessifs peuvent d’ailleurs être affectés d’une double relation duelle ou plurielle, suivant que, soit le possesseur, soit l’objet possédé, est unique, double ou multiple. C’est ce que le schème suivant représentera par les lettres S, D ou P pour l’objet possédé, $’, D’ ou P’ pour le possesseur.

nuna SS’ ma terre, nuna-ra.

S D’ la terre de nous deux, nuna-rwuuk.

S P’ la terre de nous plusieurs, nuna-rwut.

“nuna-k DS mes deux terres, nuna-g-a.

DD’ les deux terres de nous deux, nuna-r-vuk. D P’ les deux terres de nous plusieurs, nuna-r-ivut. nuna-t PS mes terres, nuna-l-ka.

P D’ les terres de nous deux, nuna-t-ivuk.

P P’ les terres de nous plusieurs, nuna-t-üvut.

L’affixe possessif de la première personne du singulier est, comme on le voit, un & précédé ordinairement d’une gutturale. Celz posé, l'analyse des formes qui précèdent n'offre pas de difficulté sérieuse. On peut en dire autant des suivantes :

2e personne (indice n). 3° personne (indice a). SS’ nuna-an (nunän), nuna-a.

SD” nuna-rlik, nuna-ak.

SP” nuna-rà, nuna-at.

DS’ nuna-k-lin, nuna-àk.

DD’ nuna-r-igtik, nuna-g-ak.

D P? nuna-r-ité, nuna-g-at.

PS nuna-t-in, | nuna-ût.

PD’ nuna-t-iik, nuna-ik.

PP? nuna-t-ikü, nuna-il.

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