Revue archéologique , 1862, I, p
BEVUE ARCHÉOLOGIQUE
composa la part réservée avec les plus beaux bijoux, terres cuites, statues, le tombeau lydien. » Desjardins dit également1 2: « Le gouvernement pontifical avait fait une forte réserve à laquelle le commissaire russe n’a pu toucher et qu’il n’a pas même connue. Cette réserve tout entière est comprise dans le lot de la France. » Il y a probablement, sur la même question, d’autres documents que j’ignore ; le seul objet désigné avec précision est le sarcophage étrusque dit tombeau lydien.
Dès l’instant où le gouvernement pontifical songea à vendre la collection, il dut s’adresser à la France; Campana insista sans doute auprès de l’Empereur pour qu’il en fît l’acquisition. Quel prix a-t-on demandé d’abord? Desjardins, dans sa brochure*, parle de sept millions : « M. Ravaisson peut témoigner, écrit-il, qu’on ne parlait pas moins de sept millions, à l’époque qui a suivi la débâcle de Campana. » Ce prix, plus que justifié aujourd’hui pour un pareil ensemble, dut sembler alors bien excessif. Mais le gouvernement français fit- il immédiatement étudier la collection en vue d’une acquisition éventuelle? Le tl octobre 1862, dans une lettre que je citerai plus bas, Nieuwerkerke, le surintendant des Beaux-Arts, affirme qu’il a été, dès le début, « un des plus ardents promoteurs » de l’achat du musée Campana, qu’il en avait « souvent entretenu » et même « fatigué » l’Empereur ; mais il ne dit pas qu’il soit allé lui-même à Rome, ni qu’il y eût envoyé un des fonctionnaires dont il disposait. Ravaisson, dont Desjardins invoque le témoignage, n’appartenait pas, à cette époque, au Musée du Louvre.
En tous les cas, il paraît faux, bien qu’on l’ait affirmé souvent