‹ Esquisse d'une histoire de la collection CampanaChapitre 15 sur 55 · Desjardins, Du patriotisme dans les arts, p · texte numérisé non relu

Desjardins, Du patriotisme dans les arts, p

2. Ibid., p. 35. Même chiffre dans une lettre de Mérimée citée plus bas.

depuis 1862, que la collection entière ait été offerte par Campana à la France pour trois millions de francs. La Revue archéologie, par l’organe de Bertrand, donna à cette assertion le démenti le plus formel et ajouta1 : « Gampana avait dépensé, pour ce musée : 1° sa fortune personnelle ; 2° cinq millions empruntés sur gage au Mont-de-Piété. Donc, il ne pouvait offrir la collection pour trois millions et, si le gouvernement français l’avait acceptée à ce prix, la vente n’aurait pu se faire, car le Mont-de-Piété aurait refusé de se dessaisir de son gage pour une somme inférieure à celle qu’il avait prêtée. »

Le directeur de l’Académie de France à Rome était alors le peintre alsacien Victor Schnetz, qui, en juin 1868, avait été confirmé pour un an dans l’exercice de ses fonctions*. Il connaissait et admirait la collection Gampana; dès 1858, il en avait entretenu Charles Lenormant, qui était allé la voir à Rome enoctobre. Après son retour, le 16 janvier 1859, Lenormant écrivit à Schnetz3 :

« J’aurais bien voulu vous transmettre de bonnes nouvelles relativement à l’acquisition de la collection Campana;mais ici [à Paris], le mauvais vouloir est évident; à mon retour, j’ai offert de me mettre en rapports avec le ministre d’État; j’ai reçu pour réponse que la pensée de l’acquisition s’éloignait de plus en plus de la pensée de l’Empereur (sic). Cette indication m’a été confirmée par notre ami Mérimée à son retour de Compiègne. Malgré tous ses efforts, il n’avait pu amener l’Empereur à lui parler sérieusement de ce projet1 ».

Le 12 février, Schnetz écrivit à l’Empereur une lettre très pressante, où il revenait sur la nécessité d’acquérir la collection Campana pour la France5. « Sire, pardonnez-moi si je viens encore

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