Annales du Sénat et du Corps Législatif, t. V, p
REVUE ARCHÉOLOGIQUE
cachait pas son mécontentement Mais ce qu'il y eut de plus fâcheux, c’est que les commissaires ne virent pas toute la collection. Outre la partie conservée au Monl-de-Piété et dans les maisons que nous avons énumérées plus haut, il y avait, paraît-il, d’autres dépôts sur lesquels l’attention de Renier et de Cornu ne fut pas appelée. C’est là une question délicate sur laquelle nous reviendrons plus loin.
Au mois de mai 1861, Charles Clément rejoignit à Rome Renier et Cornu; il devait les aider à recevoir pièce par pièce les collections, « à faire emballer, à expédier, à accompagner, déballer et classer les 860 grandes caisses contenant le Musée ». Le contrat définitif fut signé le 20 mai par le duc de Gramont et le cardinal Antonelli.
Le 23 mai, Yiel-Castel écrivait dans son journal1 2 : « Nieuwerkerke est parti dimanche soir pour Rome où il va chercher le Musée Campana ». En vérité, il ne chercha rien du tout; entre les commissaires et lui, il se produisit tout de suite des froissements auxquels la brochure de Desjardins fait de claires allusions : « On apprit un beau jour avec quelque surprise, et surtout à Londres 3, que le contrat était signé. Le Louvre s’empressa alors de revendiquer ses droits et M. le comte de Nieuwerkerke, en compagnie d'un de ses conservateurs — M. de Longpérier, je crois4, — se rendit à Rome afin d’y constater sans doute l’importance de l’acquisition. Ces messieurs déclarèrent alors hautement devant la commission romaine et devant d’autres témoins, ils écrivirent même à Paris qu’ils avaient été frappés « des richesses éblouissantes de ces séries, richesses qui dépassaient, disaient-il, les plus belles espérances qu'ils en avaient pu con-
1. La bibliothèque de l’Institut de Rome (Catal. Mau, t. I, 408) possède une brochure intitulée : Grido délia stampa italiana sulla dilapidazione del Museo Compana (sans date),