Cf. Revue critique, 1902, II, p
dont on vient de publier quelques fragments4. On fera quelque jour un beau livre intitulé : « Mme Cornu et ses amis », où revivra ce qu’il y eut de plus respectable à une époque dont on médit non sans raison... Mais je me souviens, un peu tard sans doute, que j’écris à la Revue archéologique et que, si l’histoire de la science admet des digressions, elle ne m’autorise pas à franchir le seuil de la politique. Revenons donc à nos emballeurs et déménageurs, que nous avons laissés à Rome sous la surveillance de Cornu et de Clément.
En 1861, il n’existait pas encore de voie ferrée reliant directement Paris et Rome. Les caisses contenant la collection Campana furent embarquées à Cività-Vecchia pour Marseille et de la dirigées sur Paris ; le trajet seul de Marseille à Paris coûta 40.000 francs 1 2 3. Les premières caisses arrivées allèrent s’échouer au Louvre, où l’on reconnut qu’il n’y avait de local disponible ni pour le déballage ni pour l’exposition ; on résolut alors de tout transporter au Palais de l’Industrie, construit sur les Champs- Elysées en vue de l’exposition de 1855, et resté libre*. En vue du déballage des caisses et de l’organisation des salles, un jeune antiquaire, M. E. Saglio, collaborateur du Magasin pittoresque et de la Gazette des Beaux-Arts, fut adjoint à MM. Cornu et Clément; lié avec Édouard Charton, directeur du Magasin pittoresque , dont il devait devenir le gendre, il avait été recommandé par lui à Mme Cornu. M. Saglio eut spécialement pour mission de recevoir les caisses à Bercy, d’en surveiller le transport et l’ouverture au Palais de l’Industrie. Charles Clément l’aida dans cette besogne, qui remplit tous les mois d'hiver et exigea beaucoup de soins et de dévouement.