Cornu voulait évidemment dire : rien de moins
1° Vestibule du bas. Sculpture antique. — Sarcophages d’Apollon et Marsyas, de Phèdre. — Statues dites de Sylla, de Claude, de Titus, de Vespasien;
2° Vestibide du haut. Autres statues antiques, entre autres l’Amour bandant son arc, l’Alexandre, la Julie;
3° Salon carré'. Les bijoux antiques, au nombre de 1 .200 pièces dans 64 écrins; les ivoires; des statues antiques, parmi lesquelles le prétendu Brutus, l’Actéon, la Vénus Marine, l’Auguste; les verres antiques ; les bronzes; les peintures antiques; les vases de Canossa ;
4° Trois salles contenant 4.500 vases étrusques et grecs;
5° Les bas reliefs en terre cuite , les figurines, les rhytons.
6° Les inscriptions anciennes , marbres, cippes en péperin et briques. « Elles sont au nombre de 800 environ, presque toutes inédites; M. Léon Renier va les publier dans le catalogue spécial de cette série. » Naturellement, ce catalogue n’a jamais paru; on sait trop ce que valaient les promesses de publication de L. Renier ;
7° Moulages enplàtre exécutés sous la direction de Ravaisson* ;
8° Moulages de la colonne Trajane ; 300 pièces;
9° Mission de Syrie ;
10° Majoliques ou faïences italiennes',
11° Statuaire et terres cuites de la-Renaissancc,
12° Dix salles contenant plus de 600 peintures ;
13° Missions d'Asie Mineure et de Macédoine.
La Notice de Desjardins n’est pas mal faite; mais il s’y trouve des erreurs amusantes, comme cet homme d’esprit en a laissé échapper à tous les moments de sa carrière scientifique. La plus forte est à la p. 48. Il s’agit d’une majolique italienne, aujour-
1. Remarquez l’emploi de cette expression, qui désignait la salle des chefsd’œuvre au Louvre.
2. Ravaisson eut, à Rome, des facilités exceptionnelles pour faire mouler des antiques aujourd’hui inaccessibles; mais il était si négligent qu’il ne prit ou ne garda aucune note touchant les objets qu’il fit mouler. Un certain nombre de ces moulages, déposés dans la salle du Manège au Louvre, sont encore à identifier aujourd’hui.
REVUE ARCHÉOLOGIQUE
d’hui au Louvre, sur laquelle est peinte, d’après une des Loges de Raphaël, la Tentation de Joseph; l’artiste a représenté au fond du tableau un Pan cornu et ithyphallique. Sont-ce les cornes qui induisirent Desjardins en erreur? Toujours est-il qu’il fit de ce Pan un mari trompé ou sur le point de l’être et décrivit ainsi le tableau : « Jolie composition de la chasteté de Joseph, avec la variante de Putiphar apparaissant au fond de l'alcôve ». On ne tarda pas à en rire’. A la p. 39, on trouve une erreur plus agaçante, que Desjardins, d’ailleurs, reconnut loyalement quand elle lui eut été signalée par Vitet. 11 y parle de terres cuites groupées « au-dessous de la fameuse coupe de Cumes , aux têtes dorées, aux fleurs coloriées en relief. » Cette coupe de Cumes n’était nullement fameuse; il semblait que l’auteur eût cherché à provoquer une confusion entre cet objet secondaire et le grand vase de Cumes, si malheureusement prélevé par l’Ermitage et que les adversaires de la collection louaient avec d’autant plus d’enthousiasme qu'il n’y était plus.
Le succès de l'exposition fut d’abord très vif. Six cents cartes de travail furent délivrées par l'administration provisoire. Je ne possède pas de chiffres pour le premier mois, mais, du 6 juin au 5 juillet, le nombre des visiteurs oscilla entre 1.000 pour les jours de semaine et 6.000 (exactement 5.986) pour le dimanche. La date de la fermeture, fixée d’abord au 1er août, fut reportée au 31 octobre; au mois d’août, il y eut encore 2.500 visiteurs le dimanche et de 600 à 800 visiteurs les jours ordinaires1 2. En septembre, ces chiffres baissèrent très sensiblement et l’on se plut à dire qu’il y avait, dans les salles, plus de gardiens que de visiteurs; il est vrai qu’à cette époque le musée avait déjà été remis
1. A. Jacquemart ( Gazette des Beaux-Arts, 1862, II, p. 301) se plaint que celte erreur ait été « propagée par des journaux influents » et qu’on ait voulu faire de Putiphar et le témoin de la tentative désordonnée de sa femme. »