Ibid., 1862, It, p
REVUE ARCHÉOLOGIQUE
et une réunion de documents ne répondent pas au même besoin, quand même il y aurait, parmi les documents, beaucoup de chefs-d’œuvre. « L’esthétique et l’archéologie se partagent de de nos jours le domaine de la science. Que deux musées répondent à ces deux grandes divisions de l’esprit humain, que le Louvre porte bien haut le drapeau de l’esthétique... et qu’un Musée Napoléon III réunisse les monuments intéressants pour la science, révèle aux fabricants les procédés perdus depuis des siècles et enseigne comment l’art peut rehausser et embellir l’industrie1 2. » En revanche, « réunir au Louvre les monuments d’archéologie et ceux d’un art secondaire, c’est fausser la destination de ce Musée et le jeter dans une voie pernicieuse ». D’ailleurs, avec son personnel restreint, le Louvre ne peut être à la disposition des industriels, des ouvriers d’art, devenir pour eux un établissement d’enseignement et une collection de modèles. Il faut à Paris un Musée industriel; or, « la France moderne y regarderait sans doute à deux fois avant d’entreprendre la création d’un nouveau Musée et elle voit le germe de ce grand établissement dans les collections précieuses qui constituent le Musée Napoléon III* ». « Formé de collections presque exclusivement!!) archéologiques et industrielles, il était merveilleusement propre à devenir le centre d’une vaste institution appelée à se ramifier dans toute la France... Son annexion au Louvre lui [ferait] perdre la plus grande et la meilleure partie des bénéfices qu'on était en droit d’en attendre3 ». Enfin, à l’appui de la même thèse, Desjardins citait4 une adresse unanime des membres de la Société de l'art industriel, publiée dans divers journaux et qui se terminait aiusi : « Des idées nouvelles, des procédés inconnus jusqu’à ce jour sont venus se révéler à nous [dans le Musée Napoléon III]. D’importants travaux ont été immédiatement entrepris par la plupart d’entre nous. Des modèles