M. Max. Collignon
2, Vitet, Revue des Deux-Mondes, sept. 1862, p. 167.
REVUE ARCHÉOLOGIQUE
non sans malice, autant d’échecs pour le personnel du Louvre et pour le surintendant des Beaux-Arts. Nieuwerkerke n’élait pas friand de nouvelles besognes. « Depuis trois ou quatre ans, écrivait Viel-Castel le o avril 1863, le conservatoire n'a pas été assemblé parce que Nieuwerkerke n'a plus voulu être éclairé 1 ». Mais il était trop intelligent pour ne pas comprendre que Cornu et ses amis s’occupaient de créer un anti-Louvre et, s’il avait pu se faire quelque illusion à cet égard, ses confidents, Longpérier et Reiset, conservateurs de la sculpture et de la peinture, ne lui auraient pas permis de s’endormir. Il mit donc en mouvement la puissante influence dont il disposait, avec laquelle le public d’alors identifiait presque la sienne, celle de la princesse Mathilde. Je sais qu’elle travailla pendant des mois à convaincre l'Empereur de la nécessité de mettre fin à un dualisme menaçant pour le paix du monde des arts ; mais s’il existe, à ce sujet, des correspondances, je n’ai pas eu la bonne fortune de les déchiffrer.
Je ne connais pas non plus les lettres que Mme Cornu dut écrire à cette époque, et en sens contraire, à son ami d’enfance qu’elle ne voyait plus. Mais les Parisiens du temps surent parfaitement qui menait la campagne séparatiste et qui menait la défense ; derrière Sébastien Cornu et Nieuwerkerke, ils entendaient des bruissements de crinolines. Ce n’est pas, à la vérité, un des chapitres les moins piquants de cette histoire, que ce duel de deux femmes de grand esprit, acharnées à faire triompher auprès du chef de l’Etat l’une son favori, l’autre son époux.
« L’âme de tout ce mouvement — écrivait Chesneau en 1862 2 — n’est peut-être même pas M. Sébastien Cornu, cet estimable élève de M. Ingres, que son maître a vaillamment soutenu; mais auprès de lui, dit-on, une personne très allante, très remuante, très répandue, entourée des anciennes sympathies d’amis qui ont çà et là quelque publicité, surtout à l’étranger. Cette personne, ajoute-t-on, porte la robe, non la robe cléricale, mais, dans l’association, la robe virile. Dans la campagne qu'elle a menée