Chesneau, op. laud, p
sans merci contre l’homme de goût qui assume la lourde responsabilité de la direction d’un Musée comme le Louvre, elle a été merveilleusement servie par la mollesse et la complaisante indifférence de la plupart des grands journaux pour ce quin’estpas purement la politique. C’est ainsi que par faiblesse, par une gentilhommerie déplacée, nous avons été sur le point de voir une république de Saint-Marin s’établir au centre de la France artistique; c’est ainsi que chez nous a failli se fonder le credo Campana. »
« L’homme de goût » qui daignait alors diriger le Louvre dut avoir cause gagnée dans les derniers jours de juin. S’il faut en croire Desjardins, un des moyens qu’on employa pour décider l’Empereur était justiciable de la Cour d’assises ; on falsifia, dans un rapport qu’on lui présenta, le chiffre des entrées, pour lui faire croire que -le public parisien était dégoûté du Musée nouveau. Je ne sais si cette accusation est fondée et il me semble plus simple d’admettre que Napoléon III, ayant reconnu la faute initiale qu’il avait commise en traitant l’affaire par dessus le directeur des Musées, se laissa persuader de faire machine arrière pour assurer des enrichissements précieux à tous les Musées de France — et pour avoir la paix. La situation politique en Italie et au Mexique était alors assez embrouillée pour qu’il n’ajoutât point de nouveaux ennuis quasi domestiques à ceux qui, aux Tuileries même, le harcelaient déjà et empoisonnaient sa vie. Il suffit de rappeler que l’Impératrice soutenait ardemment le pouvoir temporel et que la princesse Mathilde, plus clairvoyante, voulait le sacrifier à l’unité italienne. L’Empereur, suivant son habitude, hésitait, tergiversait, mais était tourmenté sans cesse par les deux partis i.
Comme l’autocratie ne doit jamais confesser une erreur, il fut convenu que l’Empereur avait toujours projeté la dispersion du Musée Campana et que les partisans de la solution séparatiste n’avaient exprimé que des opinions personnelles. C’est