Libéralement » est un peu fort; la France seule payait
résulte de la juxtaposition des tableaux et des comparaisons qui en ressortent naturellement. En brisant leur ensemble et en les adressant à des collections diverses, on aura détruit une réunion précieuse à ce point de vue, sans enrichir notablement les collections dans lesquelles ils auront été se perdre'.
J’ose en dire autant de la magnifique galerie des terres cuites, dans laquelle on ne peut se lasser d’admirer la grâce et la variété du génie antique. Cette variété ressort, à mon sens, d’une manière admirable, de la fréquence des mêmes motifs, répétés avec des nuances presque insensibles, mais dont l’étude donne l’idée la plus intéressante de la prédilection des ouvriers pour certains sujets, et en même temps de leur éloignement pour des reproductions machinales de types dans lesquels l’artiste n’eût pas introduit des différences caractéristiques, bien que légères en apparence.
Je sais bien qu’on a fait valoir cette incroyable objection que tant de morceaux accumulés allaient exiger pour leur exposition un espace trop considérable Étrange objection, en effet, qui consiste à faire regretter en quelque sorte que la collection soit trop riche! Il est plus facile de trouver de la place pour un classement de peintures et de statues que d’en découvrir et d’en acquérir un si grand nombre et de si intéressantes. C’est ce qu’avait su faire avec beaucoup de soin et de goût le marquis Campana dans le vaste musée qui portait son nom, et auquel d’imprudentes mutilations vont enlever, en le disséminant, le nom de son récent et auguste protecteur.
Les vases peints, les majoliques et les faïences en relief me paraissent donner lieu aux mêmes observations et, s’il m’était permis d’ajouter un vœu à ceux que je forme pour la conservation et l’harmonie d’un ensemble si rare, ce serait d’y voir figurer les plâtres admirables que le zèle intelligent de M. Ravaisson avait réunis dans la même exposition. Je ne doute pas que. dans le cas où le Musée serait maintenu, il ne s’enrichît prochainement des dons d’un grand nombre d’amateurs, jaloux d’ajouter à sa richesse et de combler ses lacunes. 11 est à ma connaissance que des intentions de ce genre ont été réprimées et tenues en suspens depuis les craintes inspirées au public sur la possibilité d’un démembrement prochain 2.
Je n’abuserai pas plus longtemps de l’attention de l’Académie en la retenant sur le développement d’idées que je me permets seulement d’indiquer et qui se sont sans doute présentées à elle dans ses visites au Musée Napoléon III. La haute intelligence, le goût, l’expérience de tant d’hommes distingués dans toutes les branches des arts, m’assurent de l’impression qu’ils en auraient rapportée et du désir qu’ils auraient de conserver à la France un dépôt si original.