‹ Esquisse d'une histoire de la collection CampanaChapitre 45 sur 55 · XXII · texte numérisé non relu

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Dans le cahier du Plnlologus de Goettingue qui parvint à Paris au mois de septembre 1862, les épigraphistes furent étonnés de trouver un certain nombre d’inscriptions grecques et latines

REVUE ARCHÉOLOGIQUE

dont les originaux, rapportés de Syrie par M. Renan, de Macédoine et de Thrace par M. Heuzey, étaient exposés, depuis le mois de mai 1862, au Palais de l’Industrie. L’auteur de cette publication indiscrète n'avait pas dissimulé sou nom : il s’appelait W.Froehner et était attaché temporaire à la Conservation des Antiques du Louvre depuis le mois de février 1862.

Evidemment cette publication, faite sans le consentement des archéologues intéressés, méritait un blâme ; il y avait là un procédé quelque peu brutal. Mais l’indignation que certains savants en ressentirent parut singulièrement exagérée. Aucune étiquette, aucun avis n’interdisait, au Musée Napoléon III, de copier les inscriptions, et les administrateurs du nouveau Musée se piquaient précisément d’un libéralisme contrastant avec l’esprit exclusif et jaloux qu’ils attribuaient au Louvre. Or, ce furent précisément les amis du Musée Napoléon III qui crièrent le plus fort, témoignant ainsi, comme le fit observer Chesneau1, d’« un soin trop jaloux de nos richesses », d’ « un amour plus platonique que réel pour la diffusion des lumières. » En outre, M. Froehner, quand il copia ces textes et les envoya à Goettingue, n’était encore qu’un simple particulier, un promeneur; il n’avait pas abusé d-e ses fonctions, puisqu'il n’en exerçait aucune au Musée Napoléon III. Ceci demande quelques éclaircissements biographiques 2.

Christian Ludwig Eduard Wilhelm Froehner naquit à Carlsruhe le 17 août 1835, d’une famille badoise originaire d’Alsace; par sa mère, dit-on, il est petit-neveu du général Kléber. Après de brillantes études, il publia, à l’âge de 23 ans, son premier essai, travail de réelle valeur ( Inscription.es terrae coctae vasorum , Goettingue, 1858), puis, un an plus tard, un petit volume qui fut justement remarqué, le catalogue des vases et des terres cuites du musée de sa ville natale3. A la fin de cette même année 1859,

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