Chennevières, Souvenirs, II, p
2. En revanche, on assure que Longpérier, en décembre 1878, au péril de sa santé réellement compromise, présida lui-même à l’emballage et à la réexpédition des objets prêtés pour l'Exposition rétrospective du Trocadéro, dont il avait eu la présidence (Schlumberger, Notice sur M. de Longpérier , en tête des Œuvres, t. I, p. xxm).
Le 15 août 1863, neuf salles contenant des objets de la collection Campana furent ouvertes au Louvre. Les terres cuites avaient été disposées avec beaucoup de goût, suivant le plan suggéré à Longpérier par Vitet, dans la grande salle dite aujourd’hui salle Lacaze ; les peintures retenues par les deux commissions décoraient les salles où est exposée aujourd’hui la collection Dieulafoy; les vases peints et d’autres objets avaient été rangés dans les salles du bord de l’eau, qui ont conservé le nom de Salles Campana.
En dehors du catalogue des peintures par Reiset, dont nous avons déjà parlé, on n’en publia point *. Renier avait promis un catalogue des inscriptions, le baron de Witte un catalogue des vases peints; ils n’en firent rien. Longpérier avait, fait entrer M. Froehner au Louvre pour rédiger un catalogue des vases; il n’en parut pas une ligne. En revanche, M. Froehner, avec une activité jusque là sans exemple au Louvre, se mit à composer et publia coup sur coup le catalogue des inscriptions grecques et celui d’une partie de la sculpture antique, œuvres hâtives, la première surtout, mais qu’on est, aujourd’hui encore, fort aise de posséder. Longpérier lui-même condescendit à donner le premier volume, seul paru, d’un catalogue des bronzes, qui, à certains égards, peut être loué comme un modèle, bien que l’information, toute de première main, en soit parfois singulière-
1. Les registres d’entrée sont eux-mêmes très incomplets et des plus sommaires ; jusqu’à l’arrivée de M. de Villefosse au département des Antiques, cette partie essentielle de tout Musée a été l’objet de la plus déplorable négligence: Je déclare ici que, rédigeant l’inventaire du Musée de Saint-Germain depuis janvier 1886, je n’ai jamais reçu la visite d’un inspecteur des Beaux-Arts, d’un chef de service quelconque, venant me demander à brûle-pourpoint de lui montrer mon registre et me faire destituer si ce registre n’était pas à jour. J’aurais pu n’en jamais rédiger une ligne, comme Longpérier, Ravaisson et même Alex. Bertrand, sans encourir aucun blâme ! Il serait indispensable que l'on inspectât tous les Musées de Paris pour contrôler l’état des registres d’entrée ; il y a là un intérêt scientifique de premier ordre à sauvegarder.
REVUE ARCHÉOLOGIQUE
ment capricieuse. Dans ces ouvrages, les objets du Musée Napoléon III (collection Campana et autres acquisitons du règne) sont signalés et décrits, malheureusement sans tables de concordance avec les n°* des catalogues italiens de 1858.
En somme, par le fait de l’acquisition du Musée Campana, le département des antiques reçut 50 peintures, 300 marbres, 1.000 inscriptions, 600 bronzes, 1.600 terres cuites, une riche série de bijoux et de verreries, plus de 2.000 vases peints et 1.400 non peints1 2. Le département de la peinture s’accrut de plus de 200 toiles ou panneaux. Je n’ai pas de chiffres exacts pour les départements de la sculpture et des objets d’art de la Renaissance ; mais, là encore, l’enrichissement fut considérable.
Si le Louvre avait gardé toutes les peintures italiennes que les deux commissions avaient retenues, il pourrait rivaliser aujourd’hui avec les Musées de Berlin, de Londres et de Florence, sinon pour la qualité des œuvres, du moins par le nombre des spécimens. J’ai publié en 1900, sous un nom d’emprunt, des tableaux comparatifs indiquant la richesse des grands musées en œuvres italiennes ■ primitives , c’est-à-dire antérieures à l’école éclectique née de Raphaël*. Suivant les catalogues dont j’ai fait usage à cette époque — catalogues de dates diverses et de valeur inégale — la plus grande réunion de peintures italiennes primitives se trouvait à Florence, en comptant les Uffizi et le palais Pitti comme un seul musée (322 nos) ; venaient ensuite Londres (301), Berlin (280), Paris (253), puis Dresde (148), Vienne (145), Munich (119), Madrid (104), Saint-Pétersbourg (97). Si ces chiffres doivent être modifiés aujourd’hui, c’est surtout à l’avantage de Florence et de Berlin. Le Louvre ayant expédié en province, depuis 1863, environ 130 tableaux italiens primitifs, on voit que, sans cette diminution, il en compterait aujourd’hui 383,