‹ Esquisse d'une histoire de la collection CampanaChapitre 52 sur 55 · Archüol. Anzeiger, 1895, p. 49 et suiv · texte numérisé non relu

Archüol. Anzeiger, 1895, p. 49 et suiv

3. On lit dans le catalogue de vente (p. xv) : « La plupart de ces objets proviennent des cours et des jardins des palais de la noblesse romaine. » Grâce aux Antike Bildwerke in Rom de Matz et Duhn, on peut en savoir un peu plus long; mais cela exige beaucoup de travail.

Dans les Cataloghi publiés en 1858, on trouve une division intitulée : Sérié di monete in oro del Romano lmpero da Augusto agit imperatori byzantini, premesso un saggio di monete d oro consolari. Cette série comprend 436 pièces, qui vaudraient bien cinquante mille francs aujourd'hui. Pas une de ces monnaies n’est entrée au Cabinet des Médailles; il n’y en a pas davantage de trace au Louvre L’embarras serait grand pour dire ce qu elles sont devenues si nous n’avions, à ce sujet, une lettre de Campana lui-même insérée, en 1878, dans le Dictionnaire Numismatique de Boutkowski1 2 3.

En 1846, Campana, déjà pressé de besoins d’argent, vendit à Londres une collection de monnaies grecques et romaines. Boutkowski avait vainement essayé de se procurer le catalogue de cette vente avec les prix; il en écrivit à Campana, qui lui répondit de Florence à la date du 9 novembre 1875. La collection vendue à Londres comprenait surtout des doubles, augmentés toutefois de quelques pièces uniques et inédites. Le médaillier de Campana, dont il ne vendit ainsi que le trop-plein, avait été formé de plusieurs cabinets, dont quelques-uns d’illustre origine, ceux du prince Albani (Rome), du prince d’Altenburg (Saxe), de Rasponi (Ravenne), d’Acqua de la Marca (Ancône), de Raffaele Barone (Naples), de Pietro Rusca (Florence), de Recupero (Sicile). Les premiers éléments en avaient été trouvés par Campana dans l’héritage de son père; il avait aussi acquis des pièces importantes chez Rollin à Paris. La collection comprenait les divisions suivantes : l°Monnaies italiques, étrusques et delà Grande Grèce ;

1. On lit dans Y Annuaire de i' Archéologie (Paris, 1862, p. 88-89), à la fin d’un article, d’ailleurs plein d'erreurs, sur le Musée Campana : « Une réunion de 707 objets divers, relatifs au culte d’Astarté et du dieu Phallus, ainsi que ces médailles appelées spintriae, que Tibère faisait frapper durant son séjour à Caprée; et enfin une foule d’objets de tout genre, qui n’étaient pas portés au catalogue, et que la commission avait estimés 50.000 écus romains, complètent la collection du Musée Campana. » Je ne sais où ont passé les s pintriennes de Campana ; en tous les cas, elles n’ont jamais été exposées. — Je dois un exemplaire de cet Annuaire inconnu à l’amitié de M. le capitaine Espérandieu.

2. Boutkowski, Dict. numismatique, t. I (1878), p. 41 et suiv. Je dois l’in¬

dication de ce texte à M. Froehner.

REVUE ARCHÉOLOGIQUE

2° Monnaies de Rome ; 3°Médaillons en or, en argent et en bronze ; 4° Pièces représentant au revers des monuments de Rome; 5° Pièces dont les revers se rapportaient à l’histoire romaine ; Campana avait songé à faire, de cette série et de la précédente, l’objet d’une publication spéciale, intitulée : « L’histoire de Rome et de ses monuments par la numismatique » ; 6° Monnaies puniques, syriennes, indiennes, etc. — Qu’étaient devenus tous ces trésors ? Campana va nous le dire ’ : « Tout a été dilapidé, démembré! La persécution acharnée, ayant origine de la politique, qui se déchaîna sur ma personne, a frappé aussi mes collections. Elles ont été en partie vendues par fractions, en partie volées pendant mon absence de Rome. Ce que le gouvernement pontifical avait épargné a été soustrait par des agents infidèles auxquels j’avais confié ces trésors. Il n’est resté de tout cela qu’un bien faible souvenir dans la collection de la série impériale en or, qu’on n’a pu toucher parce qu’elle avait été publiée par moi dans un catalogue. Le Vatican avait eu l’envie de l’annexer à son cabinet numismatique; mais comme elle a été trouvée déposée au Mont de Piété lors de l’avènement du gouvernement italien à Rome, cette collection a été enfin achetée par la municipalité de Rome et on peut la voir maintenant au Capitole, seul débris de tant de richesses àjamais perdues ».

Ces renseignements laissent à désirer. Comment Campana avait-il pu, lui, débiteur du Mont de Piété, confier la plus grande partie de sa collection numismatique à des agents, qui se montrèrent infidèles? Qui étaient ces voleurs doublement indélicats, puisqu’ils acceptèrent en dépôt d’abord, et puis dérobèrent des objets volés? Comment les commissaires français, qui possédaient cependant les Catciloghi imprimés, qui affirmèrent qu’on leur avait cédé tout, sans aucune réserve, ne mirent-ils pas la main sur la précieuse série des Aurei Campana? Enfin, comment et à qui la municipalité romaine, après septembre 1870, acheta-t-elle des pièces qui n’étaient pas à vendre, puisque la France en était légitime propriétaire? Autant de questions —

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